Ajamila

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CHAPITRE 1 - La vie d'Ajamila.

VERSET 1
Maharaja Pariksit dit: O maître, ô Sukadeva Gosvami, tu as déjà exposé [dans le deuxième Chant] la voie de la libération [nivrtti-marga]. En suivant cette voie, on s'élève assurément de façon graduelle jusqu'au plus haut système planétaire, Brahmaloka, d'où l'on est promu au monde spirituel en même temps que Brahma. Ainsi met-on un terme à ses naissances et à ses morts répétées dans l'univers matériel.

VERSET 2
O noble et sage Sukadeva Gosvami, tant que l'être vivant n'est pas purifié de l'influence nocive des attributs de la nature matérielle, il reçoit différents types de corps à l'intérieur desquels il jouit ou souffre de l'existence, et selon le corps qu'il a revêtu, on le sait animé de certaines inclinations. En suivant celles-ci, il parcourt la voie dite pravrtti-marga, par laquelle on peut s'élever jusqu'aux planètes édéniques, ainsi que tu l'as déjà expliqué [dans le troisième Chant].

VERSET 3
Tu as également traité [à la fin du cinquième Chant] des diverses formes de vies infernales qui résultent d'actes impies, et [dans le quatrième Chant] du premier manvantara, assumé par Svayambhuva Manu, le fils de Brahma.

VERSET 4-5
Mon cher maître, tu as décrit les dynasties ainsi que les traits distinctifs des rois Priyavrata et Uttanapada. Dieu, la Personne Suprême, a créé le monde matériel avec ses différents univers, systèmes planétaires, astres et étoiles, terres, mers, océans, montagnes, rivières, arbres et jardins, tous ayant des caractéristiques particulières. Ces manifestations sont réparties entre la Terre, les luminaires qui brillent au firmament et les systèmes planétaires inférieurs. Tu as très clairement dépeint ces différentes planètes, de même que les êtres qui y vivent.

VERSET 6
O Sukadeva Gosvami, toi dont le bonheur et l'opulence sont si grands, aie maintenant la bonté de me dire comment les êtres humains peuvent éviter de connaître les conditions infernales dans lesquelles ils sont appelés à subir de terribles souffrances.

VERSET 7
Sukadeva Gosvami répondit: O roi, si tous les actes impies que l'on a pu commettre au cours de cette vie, que ce soit en pensées, en paroles ou en actions, ne sont pas rachetés avant la mort, selon les méthodes prescrites par la Manu-samhita et d'autres dharma-sastras, on devra à coup sûr se rendre sur les planètes infernales afin d'y connaître d'atroces souffrances, celles-là mêmes que je t'ai déjà décrites.

VERSET 8
En conséquence, avant que ne survienne la mort et tant que le corps possède encore suffisamment de vigueur, il faut rapidement racheter ses péchés de la façon prescrite dans les sastras; sinon, on ne fera que perdre son temps, et les suites de ses fautes s'accumuleront. Tout comme un médecin diagnostique et guérit une maladie en fonction de sa gravité, il faut racheter ses fautes selon leur importance.

VERSET 9
Maharaja Pariksit dit: On peut savoir que le péché est néfaste en voyant des criminels punis par le gouvernement et rejetés par le peuple, mais aussi en apprenant des Ecritures et des doctes érudits que quiconque se rend coupable de péchés est jeté en enfer lors de sa prochaine vie. Néanmoins, en dépit d'un tel savoir, l'homme se voit contraint de retomber constamment dans la même erreur, même après avoir racheté ses fautes passées. Quelle est donc la valeur d'une pareille expiation?

VERSET 10
Il arrive parfois qu'une personne très soucieuse de ne pas commettre d'actes répréhensibles devienne à nouveau la proie du péché. Cette expiation répétée des fautes est, selon moi, aussi inutile que la baignade d'un éléphant; celui-ci se trempe complètement dans la rivière, et une fois revenu sur la terre ferme, il se couvre la tête et le corps de poussière.

VERSET 11
Sukadeva Gosvami, le fils de Vedavyasa, répondit: O roi, puisque les actions destinées à neutraliser les péchés sont également de nature intéressée, elles ne peuvent délivrer leur auteur de sa tendance à vouloir jouir du fruit de ses actes. Aussi, ceux qui se soumettent aux règles de l'expiation se montrent dépourvus de toute intelligence; pour tout dire, ils sont plongés dans l'ignorance. A moins d'être libéré de ces ténèbres, tout effort destiné à neutraliser une action au moyen d'une autre restera vain, car on ne peut extirper ses désirs de la sorte. Par suite, même un homme apparemment vertueux aura sans aucun doute tendance à commettre des actes impies. C'est pourquoi la véritable expiation réside dans l'illumination que confère le parfait savoir, le Vedanta, par lequel on peut comprendre la Vérité Suprême et Absolue.

VERSET 12
O roi, si un malade suit le régime à base d'aliments sains et purs que lui prescrit son médecin, il guérit peu à peu, si bien que la maladie n'a plus d'emprise sur lui. De même, celui qui se conforme aux principes régulateurs de la connaissance progresse graduellement jusqu'à être débarrassé de toute souillure matérielle.

VERSET 13-14
Celui qui désire concentrer ses pensées doit faire voeu de célibat et ne pas rompre ce voeu; il doit se soumettre à l'austérité qui consiste à renoncer en toute conscience aux plaisirs des sens. Il lui faut ensuite devenir maître de son mental et de ses sens, faire des dons charitables, faire preuve de véracité, de propreté et de non-violence, observer les principes régulateurs et chanter de façon régulière le Saint Nom du Seigneur. Ce faisant, l'être sobre et croyant qui connaît les principes de la religion se voit temporairement purifié de toutes les fautes qu'il a commises physiquement, verbalement ou mentalement. Ces péchés sont comparables aux feuilles desséchées des plantes poussant au pied d'un bambou: même si elles sont consumées par le feu, leurs racines demeurent et sont à même de repousser à la première occasion.

VERSET 15
Seuls les êtres rares qui se consacrent complètement au service de dévotion pur offert à Krsna peuvent extirper les mauvaises herbes du péché de telle sorte qu'elles ne puissent plus repousser. Et ils y parviennent par le seul fait de pratiquer le service de dévotion, tout comme le soleil, de ses rayons, peut dissiper le brouillard en un rien de temps.

VERSET 16
O roi, si un pécheur se consacre au service d'un authentique dévot du Seigneur et apprend ainsi à vouer son existence aux pieds pareils-au-lotus de Krsna, il peut se purifier complètement, ce que ne donne pas l'observance du brahmacarya ou la pratique de l'austérité, de la pénitence et des autres méthodes d'expiation que j'ai déjà décrites.

VERSET 17
La voie empruntée par les purs bhaktas, dont la conduite est exemplaire et qui sont pleinement dotés des meilleures qualités, est assurément la plus salutaire et appropriée en ce monde; elle est exempte de crainte et authentifiée par les sastras.

VERSET 18
O roi, de même qu'un récipient ayant contenu une boisson enivrante ne peut être purifié même si on le plonge dans les eaux de nombreuses rivières, un abhakta ne peut être purifié par quelque méthode d'expiation que ce soit, même s'il les suit à la perfection.

VERSET 19
Même s'ils n'ont pas pleinement réalisé Krsna, ceux qui se sont totalement abandonnés, ne serait-ce qu'une fois, à Ses pieds pareils-au-lotus, et qui ont développé en eux une attirance pour Son Nom, Sa Forme, Ses Attributs et Ses Divertissements, sont complètement débarrassés des réactions liées à leurs fautes, car ils ont ainsi adopté la véritable méthode d'expiation. Ces âmes soumises ne voient jamais, même en rêve, Yamaraja ou ses messagers munis des cordes qui leur servent à lier les pécheurs.

VERSET 20
A ce propos, les doctes érudits et les saints hommes relatent un récit historique très ancien, comportant une discussion entre les messagers de Visnu et ceux de Yamaraja. Veuille maintenant entendre ce récit de mes propres lèvres.

VERSET 21
Dans la ville de Kanyakubja vivait un brahmana du nom d'Ajamila qui épousa une servante, une prostituée, au contact de qui il perdit toutes ses qualités brahmaniques.

VERSET 22
Ce brahmana déchu tourmentait ses semblables en les arrêtant, en trichant au jeu ou en les dépouillant directement de leurs biens. C'est ainsi qu'il gagnait sa vie et subvenait aux besoins de sa femme et de ses enfants.

VERSET 23
O roi, tandis qu'il passait ainsi son temps à des activités pécheresses déplorables afin de subvenir aux besoins de sa famille, laquelle comptait de nombreux fils, quatre-vingt-huit années de sa vie s'écoulèrent.

VERSET 24
Le vieil Ajamila avait dix fils, dont le cadet était un bébé du nom de Narayana. Comme cet enfant était le plus jeune de tous, il était tout naturellement très aimé par son père et par sa mère.

VERSET 25
En entendant les balbutiements de l'enfant et en voyant ses mouvements maladroits, le vieil Ajamila s'attachait beaucoup à lui. Il s'occupait toujours de lui et prenait plaisir à ses moindres gestes.

VERSET 26
Lorsque Ajamila mâchait et ingurgitait sa nourriture, il invitait son fils à en faire autant, et lorsqu'il buvait, il le faisait boire à son tour. Accaparé par son enfant qu'il appelait constamment par son nom, Narayana, Ajamila ne se rendait pas compte que son existence touchait à sa fin et que la mort s'apprêtait à s'emparer de lui.

VERSET 27
Lorsque l'heure de la mort sonna pour cet insensé d'Ajamila, il n'eut plus de pensées que pour son fils Narayana.

VERSET 28-29
Ajamila vit alors s'approcher trois personnages insolites et difformes au visage farouche, tiraillé par un rictus, et au corps hérissé de poils. Cordes en mains, ils étaient venus pour l'emmener chez Yamaraja. Lorsqu'il les aperçut, Ajamila se sentit submergé par une angoisse extrême; du fait de l'attachement qu'il avait pour son fils, lequel jouait non loin de lui, il se mit à l'appeler à haute voix en prononçant son nom. Ce faisant, les yeux baignés de larmes, il chanta bel et bien le Saint Nom de Narayana.

VERSET 30
O roi, les envoyés de Sri Visnu, les Visnudutas, arrivèrent à leur tour sur les lieux dès qu'ils entendirent le Saint Nom de leur maître prononcé par Ajamila qui était sur le point de mourir. Il l'avait assurément prononcé sans offense vu qu'il se trouvait dans un état d'angoisse totale.

VERSET 31
Les serviteurs de Yamaraja se saisissaient déjà de l'âme sise au plus profond du coeur d'Ajamila, le mari de la prostituée, quand de leurs voix retentissantes, les messagers de Visnu les sommèrent d'arrêter.

VERSET 32
Se voyant ainsi interdire de continuer leur tâche, les messagers de Yamaraja, le fils du deva du Soleil, répliquèrent:

"Qui êtes-vous donc, Messieurs, pour avoir l'audace de braver les ordres de Yamaraja?

VERSET 33
"De qui êtes-vous les serviteurs, d'où venez-vous, et pourquoi nous interdisez-vous de toucher au corps d'Ajamila? Etes-vous des devas du royaume édénique, des devas inférieurs, ou alors des bhaktas du plus haut rang?

VERSET 34-36
"Vos yeux ressemblent aux pétales du lotus. Vêtus de soie jaune, ornés de guirlandes de lotus, de tiares rutilantes et de pendants d'oreilles scintillants, vous resplendissez de fraîcheur et de jeunesse; vos quatre longs bras se parent d'un arc et d'un carquois rempli de flèches, d'une épée, d'une masse, d'une conque, d'un disque et d'une fleur de lotus. Votre radiance a dissipé les ténèbres de ces lieux en les baignant d'une extraordinaire lumière. Mais pourquoi donc nous empêchez-vous d'agir?"

VERSET 37
Sukadeva Gosvami dit: Ainsi interrogés par les messagers de Yamaraja, les serviteurs de Vasudeva sourirent et prononcèrent les paroles qui vont suivre d'une voix aussi profonde que le grondement du tonnerre dans les nuages.

VERSET 38
Les envoyés bénis de Sri Visnu, les Visnudutas, dirent: Si vous êtes vraiment les serviteurs de Yamaraja, vous devez nous expliquer ce que l'on entend par principes de la religion, ainsi que les caractéristiques de l'irréligion.

VERSET 39
Comment s'appliquent les châtiments et quels sont ceux qui méritent vraiment d'être punis? Est-ce que tous les karmis qui se livrent à l'action intéressée doivent être châtiés, ou seulement certains d'entre eux?

VERSET 40
Les Yamadutas répondirent: Les préceptes des Vedas forment le dharma, les principes de la religion, et ce qui s'y oppose représente l'irréligion. Les Vedas sont directement Dieu, la Personne Suprême, Narayana, et n'ont d'autre source qu'eux-mêmes. Voilà ce que nous avons entendu de Yamaraja.

VERSET 41
La cause suprême, Narayana, habite Son propre royaume dans le monde spirituel; néanmoins, Il gouverne l'entière manifestation cosmique par l'intermédiaire des trois attributs de la nature matérielle —le sattva-guna, le rajo-guna et le tamo-guna. Différents attributs, différents noms [comme celui de brahmana, de ksatriya ou de vaisya], différentes occupations dans le cadre de l'institution du varnasrama, et différentes formes sont ainsi attribuées à tous les êtres vivants. Narayana représente donc la cause de l'entière manifestation cosmique.

VERSET 42
Le Soleil, le feu, l'éther, l'air, les devas, la Lune, le soir, le jour, la nuit, les directions, l'eau, la terre et l'Ame Suprême en personne sont tous témoins des activités de l'être incarné.

VERSET 43
Les candidats au châtiment sont ceux que ces nombreux témoins ont vu s'écarter des principes régulateurs ou des devoirs qui leur étaient precrits. Tous ceux qui agissent de façon intéressée sont susceptibles d'être punis en fonction des fautes qu'ils ont commises.

VERSET 44
O habitants de Vaikuntha, vous êtes purs et sans tache, tandis que ceux qui vivent dans l'univers matériel sont tous des karmis, qu'ils agissent de façon vertueuse ou impie. Ces deux types d'action sont en effet possibles pour eux du fait qu'ils sont souillés par les trois attributs de la nature matérielle et qu'ils doivent agir en conséquence. Aucun de ceux qui ont revêtu un corps matériel ne peut rester inactif, et quiconque agit sous l'influence des gunas ne saurait éviter l'action fautive. Par suite, tous les êtres vivant dans l'univers matériel sont passibles de châtiment.

VERSET 45
Une personne doit jouir ou souffrir des conséquences de son karma lors de sa prochaine vie, en proportion des actions vertueuses ou impies accomplies dans la présente.

VERSET 46
O vous, les meilleurs des devas, nous dénombrons trois types d'existences, selon l'influence exercée par les différents gunas. Ainsi les êtres vivants peuvent-ils être classés comme paisibles, fébriles et étourdis, ou comme heureux, malheureux et entre les deux, ou encore comme vertueux, impies et à moitié religieux. Nous pouvons en déduire que, dans la prochaine vie, ces trois sortes d'influences matérielles continueront d'agir de façon analogue.

VERSET 47
Tout comme le printemps nous donne une idée de la nature des printemps passés et futurs, une vie de bonheur, de malheur ou de sentiments mixtes permet de déterminer la proportion des actes vertueux et impies des vies passées et futures.

VERSET 48
Le tout-puissant Yamaraja vaut tout autant que Brahma, car de son royaume, ou du coeur de chaque être —comme le Paramatma—, il observe mentalement les actes passés d'un individu et comprend ainsi comment il agira dans les vies à venir.

VERSET 49
De même qu'une personne agit dans son sommeil en fonction du corps qu'elle revêt au cours de son rêve et qu'elle considère comme son être propre, chacun s'identifie à son corps présent, fruit de ses actes passés vertueux ou impies, et demeure incapable de connaître ses vies passées ou futures.

VERSET 50
Au-delà des cinq organes de perception, des cinq organes d'action et des cinq objets des sens se trouve le mental, qui représente le seizième élément. Mais au-delà du mental s'en trouve un dix-septième, l'être vivant lui-même, l'âme, qui, en collaboration avec les seize autres, jouit seul de l'univers matériel. Il connaît ainsi trois sortes de situations —le bonheur, le malheur et un mélange des deux.

VERSET 51
Le corps subtil est recouvert par seize éléments —les cinq organes de perception, les cinq organes d'action, les cinq objets des sens et le mental. Ce corps subtil est un produit des trois attributs de la nature matérielle; il se compose de désirs irrésistibles tant ils sont puissants, de telle sorte qu'il amène l'être distinct à transmigrer d'un corps à un autre parmi les hommes, les animaux et les devas. Lorsqu'il obtient un corps de deva, il en est assurément très heureux, mais lorsqu'il revêt la forme humaine, il ne cesse de se lamenter; et quand il naît avec un corps d'animal, il vit constamment dans la peur. Toutefois, quelle que soit sa situation, il est en fait misérable car il doit poursuivre son existence matérielle, transmigrant d'un corps à un autre —ce que traduit le mot samsrti.

VERSET 52
Incapable, dans sa sottise, de se rendre maître de ses sens et de son mental, l'être incarné est contraint d'agir suivant l'influence qu'exercent sur lui les trois attributs de la nature matérielle, et ce, contre ses désirs. Il ressemble au ver à soie, qui utilise sa propre salive pour s'entourer d'un cocon dont il devient prisonnier, sans pouvoir en sortir. En effet, l'être conditionné s'empêtre dans le réseau de ses actes intéressés et n'entrevoit aucun moyen de s'en défaire. Il vit ainsi constamment dans le trouble et meurt de façon répétée.

VERSET 53
Aucun être vivant ne peut rester inactif, ne serait-ce que pendant un instant. Chacun doit agir suivant ses tendances naturelles en accord avec les trois gunas, car ces tendances le forcent à agir d'une façon particulière.

VERSET 54
Les actes intéressés accomplis par l'être distinct, qu'ils soient vertueux ou impies, sont la cause invisible de la manière dont ses désirs seront satisfaits. Cette cause invisible est à l'origine des différents corps revêtus par l'âme conditionnée. Du fait de son désir intense, celle-ci voit le jour dans une famille particulière et reçoit un corps semblable à celui de sa mère ou à celui de son père. Les corps grossier et subtil sont donc créés en fonction de son désir.

VERSET 55
L'être distinct en contact avec la nature matérielle se trouve dans une situation difficile; mais si, au cours de sa vie humaine, il apprend à vivre au contact de Dieu, la Personne Suprême, ou de Ses dévots, il pourra surmonter cette situation.

VERSET 56-57
A l'origine, ce brahmana nommé Ajamila étudia tous les Textes védiques. C'était un asile de moralité, de bonne conduite, et de qualités. Ferme dans l'observance de tous les préceptes védiques, il faisait preuve d'une douceur et d'une sensibilité exceptionnelles, et il avait la maîtrise de son mental et de ses sens. De plus, il disait toujours la vérité, savait comment chanter les mantras védiques, et faisait preuve d'une grande pureté. Ajamila respectait beaucoup son maître spirituel ainsi que le deva du feu, ses hôtes et les membres aînés de sa maison. Dénué de tout orgueil, il était juste, bienveillant envers tous les êtres et de comportement exemplaire. Jamais il ne proférait des inepties et il n'enviait personne.

VERSET 58-60
Un jour, ce brahmana se rendit dans la forêt sur l'ordre de son père pour y cueillir des fruits, des fleurs et deux sortes d'herbes, appelées samit et kusa. Sur le chemin du retour, il vit un sudra, un homme du niveau le plus bas, qui étreignait et embrassait une prostituée avec une impudique passion. L'homme souriait, chantait et se réjouissait comme s'il s'agissait là d'un comportement convenable; tous deux étaient ivres. Les yeux de la prostituée chaviraient sous l'effet de l'ivresse, et sa robe s'était défaite. C'est dans cet état déplorable qu'Ajamila les vit ensemble.

VERSET 61
De son bras coloré de curcuma, le sudra étreignait la prostituée. Lorsque Ajamila vit celle-ci, les désirs lascifs qui gisaient en son coeur s'éveillèrent, et sous l'empire de l'illusion, il céda à leur emprise.

VERSET 62
Autant que possible, il essaya patiemment de se rappeler les instructions des sastras, selon lesquelles il ne devait même pas regarder une femme. A l'aide de son savoir et de son intelligence, il s'efforça de réprimer ses désirs, mais vu la puissance de Cupidon dans son cœur, il ne parvint pas à rester maître de son mental.

VERSET 63
De même que le Soleil et la Lune sont éclipsés par une planète de vile nature, le brahmana perdit tout bon sens. A la suite de cette rencontre, il ne cessa de penser à la prostituée, et il eut tôt fait de la prendre à son service chez lui. C'est ainsi qu'il abandonna tous les principes régulateurs chers à un brahmana.

VERSET 64
Ajamila se mit alors à dépenser l'argent qu'il avait hérité de son père en offrant à cette prostituée toutes sortes de présents matériels destinés à s'attirer ses faveurs. Il abandonna ainsi ses pratiques brahmaniques afin de satisfaire cette femme de mauvaise vie.

VERSET 65
L'esprit troublé par les regards impudiques de la prostituée, le brahmana Ajamila succomba et se livra avec elle à divers actes répréhensibles. Il alla même jusqu'à abandonner sa jeune et ravissante épouse, issue d'une famille fort respectable de brahmanas.

VERSET 66
Bien qu'issu d'une famille de brahmana, cet homme méprisable, que son contact avec la prostituée avait privé d'intelligence, obtint de l'argent par tous les moyens honnêtes ou non, et l'utilisa pour subvenir aux besoins des enfants qu'il eut de cette femme.

VERSET 67
Ce brahmana a vécu longtemps de façon irresponsable, transgressant toutes les prescriptions des Saintes Ecritures, vivant de façon extravagante et se nourrissant de plats préparés par une prostituée. Il est donc impur, marqué par le péché et attaché à des activités répréhensibles.

VERSET 68
Cet homme ne s'est pas repenti. Par suite, en raison de sa vie pécheresse, nous devons le conduire devant Yamaraja. Là, suivant la gravité de ses fautes, il recevra un châtiment et sera ainsi purifié.

Copié de Shrimad Bhagavatam chant 6 chapitre 1

CHAPITRE 2 - Ajamila délivré par les Visnudutas.

VERSET 1
Sukadeva Gosvami dit: O roi, les serviteurs de Visnu se montrent toujours très habiles en matière de logique et de raisonnement. Après avoir entendu les propos des Yamadutas, ils leur répondirent comme suit:

VERSET 2
Les Visnudutas dirent: Hélas, qu'il est douloureux de voir l'irréligion s'infiltrer dans une assemblée où la religion devrait être soutenue! En effet ceux qui ont pour mission de faire respecter les principes religieux châtient sans raison un innocent, un homme qui ne doit pas être puni.

VERSET 3
Un roi ou un représentant du gouvernement doit savoir agir comme un père, un soutien et un protecteur envers ses concitoyens, par affection et par amour pour eux. Il doit leur donner de bons conseils et des instructions profitables en accord avec les Écritures reconnues, et aussi faire preuve d'impartialité envers tous. C'est ainsi que procède Yamaraja, le maître suprême en matière de justice, et de même ceux qui marchent sur ses traces. Cependant, s'ils s'égarent et se montrent partiaux en châtiant un innocent, une personne à l'abri de tout blâme, vers qui les hommes se tourneront-ils pour que soient assurés leurs besoins et leur sécurité?

VERSET 4
La masse des hommes suit l'exemple d'un dirigeant et imite son comportement. Tout ce qu'il accepte ou reconnaît a, pour elle, valeur de vérité.

VERSET 5-6
La majorité des hommes n'est pas très versée dans la connaissance qui permet de discriminer la religion de l'irréligion. Le citoyen non éclairé, innocent, ressemble à un animal ignorant dormant en paix, la tête posée sur les genoux de son maître, tout à fait confiant en sa protection. Or, si un dirigeant possède véritablement un bon cœur et mérite la confiance de ses subordonnés, comment peut-il punir ou tuer un homme dénué d'intelligence qui s'est, de bonne foi et amicalement, abandonné tout entier à lui?

VERSET 7
Ajamila a déjà expié toutes ses fautes. En fait, il a racheté non seulement les péchés commis au cours d'une vie, mais également ceux de millions d'existences, car il a prononcé dans un sentiment d'impuissance le Saint Nom de Narayana. Même s'il ne l'a pas fait dans une intention pure, il n'a pas commis d'offense en le prononçant, de telle sorte qu'il est maintenant purifié et digne d'être libéré.

VERSET 8
[Les Visnudutas poursuivirent:] Même avant sa mort, quand il mangeait, ou à d'autres moments, cet homme appelait son fils en disant: "Cher Narayana, viens ici, je t'en prie." Bien que ce fût son fils qu'il appelait ainsi, il n'en prononçait pas moins les quatre syllabes na-ra-ya-na; et en répétant ainsi le Nom du Seigneur, il a amplement expié les fautes qu'il a pu commettre au cours de millions de vies antérieures.

VERSET 9-10
Le chant du Saint Nom de Visnu représente la meilleure méthode d'expiation, aussi bien pour un voleur d'or ou d'autres biens précieux que pour un ivrogne, pour celui qui trahit un ami ou un proche, qui tue un brahmana ou qui se livre aux plaisirs de la chair avec la femme de son guru ou d'un autre supérieur. Il représente également la meilleure méthode d'expiation pour celui qui assassine des femmes, le roi ou son propre père, pour celui qui abat des vaches, de même que pour tout autre pécheur. Par le simple fait de prononcer le Saint Nom de Visnu, tous ces malfaiteurs peuvent attirer l'attention du Seigneur Suprême, lequel considère alors: "Du fait que cet homme a prononcé Mon Saint Nom, Mon devoir est de le protéger."

VERSET 11
En observant les rites védiques ou en se livrant aux diverses méthodes d'expiation, les pécheurs ne peuvent se purifier autant qu'en chantant ne serait-ce qu'une seule fois le Saint Nom de Hari. Bien que l'expiation par l'intermédiaire des rites puisse affranchir un homme des suites de ses fautes, elle n'éveille pas en lui le désir de servir le Seigneur avec dévotion comme le fait le chant des Saints Noms, lequel rappelle à celui qui le pratique la Renommée, les Qualités, les Attributs et les Divertissements du Seigneur, de même que tout ce qui L'entoure.

VERSET 12
Les activités rituelles recommandées dans les Ecritures religieuses en vue de l'expiation des fautes ne suffisent pas pour purifier le cœur de façon absolue, car après l'expiation le mental se précipite à nouveau vers des actes matériels. Aussi, pour qui aspire à être délivré des conséquences matérielles liées à ses actes intéressés, le chant du mantra Hare Krsna, ou la glorification du Nom, de la Renommée et des Divertissements du Seigneur, représente la méthode d'expiation la plus parfaite, car cette pratique seule débarrasse entièrement le coeur de ses impuretés.

VERSET 13
Au moment de mourir, Ajamila prononça d'une voix forte et désespérée, le Saint Nom du Seigneur, Narayana. Ce chant à lui seul l'avait déjà délivré des réactions liées à tous ses péchés. En conséquence, ô serviteurs de Yamaraja, n'insistez pas pour le conduire à votre maître afin qu'il soit châtié et envoyé en enfer.

VERSET 14
Quiconque chante le Saint Nom du Seigneur se voit aussitôt affranchi des conséquences de fautes innombrables, même s'il le prononce indirectement [en pensant à autre chose], par plaisanterie, pour le plaisir de fredonner un air ou même de façon négligente. C'est ce qu'affirment tous les érudits versés dans la connaissance des Ecritures.

VERSET 15
Si quelqu'un prononce le Saint Nom de Hari avant de mourir dans des circonstances accidentelles —en tombant par exemple du toit d'une maison, en glissant sur une route et en se brisant les os, en étant mordu par un serpent, au cours de souffrances ou lors d'une fièvre aiguë, ou encore en étant blessé par une arme—, il est aussitôt absous, même s'il s'agit d'un pécheur, et n'a pas à connaître les souffrances de l'enfer.

VERSET 16
Après une étude approfondie, des maîtres au vaste savoir et à la profonde sagesse ont établi qu'une faute grave appelle une expiation appropriée et qu'une faute plus légère entraîne une expiation moins lourde. Cependant, le chant du mantra Hare Krsna réduit à néant tous les effets des actes répréhensibles, quelle que soit leur gravité ou leur légèreté.

VERSET 17
Bien qu'on puisse neutraliser les conséquences d'une vie pécheresse par l'austérité, la charité, la pratique de voeux ainsi que d'autres méthodes, ces actes de vertu ne peuvent extirper les désirs matériels enfouis dans le coeur. Cependant, quiconque sert les pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême, se voit aussitôt débarrassé de toute souillure de ce genre.

VERSET 18
De même que le feu réduit en cendres l'herbe sèche, le Saint Nom du Seigneur qu'il soit prononcé de façon consciente ou non, consume infailliblement toutes les suites de nos fautes.

VERSET 19
Si une personne prend un médicament sans en connaître la puissance réelle, celui-ci agira de toute façon car son efficacité ne dépend nullement des connaissances du patient. De même, si une personne qui ignore la valeur du chant des Saints Noms du Seigneur, en prononce les syllabes, que ce soit consciemment ou non, elle bénéficiera de ses effets.

VERSET 20
Sri Sukadeva Gosvami dit: O roi, après avoir ainsi établi avec une parfaite justesse les principes du service de dévotion sur la base de solides arguments et raisonnements, les messagers de Visnu libérèrent le brahmana Ajamila de l'emprise des Yamadutas et le sauvèrent d'une mort imminente.

VERSET 21
O Maharaja Pariksit, toi le vainqueur de tous les ennemis, après avoir reçu cette réponse des messagers de Visnu, les serviteurs de Yamaraja se rendirent auprès de leur maître et lui expliquèrent en détail tout ce qui s'était passé.

VERSET 22
Après avoir été délivré des liens des Yamadutas, le brahmana Ajamila, désormais débarrassé de toute crainte, retrouva ses esprits et offrit aussitôt son hommage aux Visnudutas en se prosternant à leurs pieds pareils-au-lotus. Il se sentait extrêmement heureux en leur présence, car il avait bien vu qu'ils lui avaient sauvé la vie en l'arrachant aux mains des serviteurs de Yamaraja.

VERSET 23
O Maharaja Pariksit, toi qui es sans tache, les messagers du Seigneur Suprême, voyant qu'Ajamila cherchait à leur dire quelque chose, disparurent soudainement.

VERSET 24-25
Ayant entendu les propos échangés entre les Yamadutas et les Visnududas, Ajamila put comprendre les principes religieux relevant des trois attributs de la nature matérielle, et dont les trois Vedas font mention. Il put également saisir les principes religieux purement spirituels, qui n'ont aucun lien avec les trois gunas et qui concernent la relation unissant l'être distinct à l'Etre Suprême. De plus, Ajamila entendit glorifier le Nom, la Renommée, les Attributs et les Divertissements de Dieu, la Personne Souveraine. Il devint ainsi un bhakta parfaitement pur; il put alors se rappeler ses fautes passées, et en éprouva un profond regret.

VERSET 26
Ajamila dit: Hélas! A quelle déchéance ne me suis-je pas voué en me faisant le serviteur de mes sens! J'ai perdu ma position de brahmana confirmé et j'ai engendré des enfants dans le sein d'une prostituée.

VERSET 27
Ah! Que je sois condamné pour tout ce que j'ai fait! J'ai agi de façon si pécheresse que j'ai discrédité ma famille. J'ai même renoncé à ma jeune et belle épouse, si chaste, pour m'unir dans la chair à une vile prostituée qui s'adonne à la boisson. Oui, que je sois condamné pour mes fautes!

VERSET 28
Mon père et ma mère étaient vieux et n'avaient pas d'autre fils ou ami que moi pour veiller sur eux. Du fait que je n'ai pas pris soin d'eux, ils ont connu de grandes difficultés. Hélas, tel un sinistre individu de basse classe, j'ai été assez ingrat pour les laisser dans cette condition!

VERSET 29
Il est maintenant clair que, pour avoir agi ainsi, le pécheur que je suis devra être plongé dans des conditions de vie infernales réservées aux gens qui ont transgressé les principes de la religion et qui doivent, de ce fait, connaître d'indicibles souffrances.

VERSET 30
Ai-je vécu un rêve, ou était-ce la réalité? Ces hommes terrifiants qui tenaient des cordes dans leurs mains et qui venaient m'arrêter pour m'emmener avec eux, où sont-ils partis?

VERSET 31
Et où s'en sont allés ces quatre êtres libérés et d'une grande beauté qui m'ont relâché et sauvé, alors qu'on allait me forcer à descendre en enfer?

VERSET 32
Je suis vraiment méprisable et infortuné d'avoir ainsi plongé dans un océan de péchés. Néanmoins, en raison de mes pratiques spirituelles passées, j'ai pu voir ces quatre personnages sublimes venus pour me sauver, et leur visite m'a comblé de bonheur.

VERSET 33
N'eût été mon service de dévotion passé, comment aurais-je pu, moi qui ai été assez impur pour entretenir une prostituée, prononcer le Saint Nom de Vaikunthapati juste au moment où j'allais mourir? Cela n'aurait assurément pas été possible.

VERSET 34
[Ajamila poursuivit:] Je suis un tricheur éhonté qui a assassiné sa propre culture brahmanique. Pour tout dire, je suis la personnification même du péché. Quelle est donc ma position, moi qui ai eu la grâce incommensurable de prononcer le Saint Nom de Narayana?

VERSET 35
Je suis un bien grand pécheur, mais puisque j'ai maintenant obtenu cette chance, je dois devenir complètement maître de mon mental et de mes sens, et m'absorber à jamais dans le service de dévotion, de manière à ne pas sombrer à nouveau dans l'ignorance et les ténèbres qui caractérisent l'existence matérielle.

VERSET 36-37
En s'identifiant au corps, on éprouve le désir de satisfaire les sens et on se livre alors à toutes sortes d'activités vertueuses et impies. Voilà ce qui constitue l'enchaînement à la matière. Quant à moi, je vais maintenant m'extirper de cette condition d'asservissement où m'a plongé l'énergie d'illusion du Seigneur, manifestée sous la forme d'une femme. Ame des plus déchues, j'ai été victime de l'énergie d'illusion, et je suis devenu comme un chien savant dirigé par une femme. Je vais maintenant renoncer à tout désir personnel et m'affranchir de l'Illusion dont je suis prisonnier. Je vais devenir miséricordieux, me faire l'ami bienveillant de tous les êtres vivants et m'absorber de façon constante dans la conscience de Krsna.

VERSET 38
J'ai simplement loué le Saint Nom du Seigneur en compagnie des bhaktas, et mon coeur s'en est trouvé purifié. Je ne vais donc pas à nouveau devenir la proie des leurres de la jouissance matérielle. Maintenant, je suis fixé sur la Vérité Absolue, et je ne vais plus m'identifier au corps; je vais renoncer aux fausses notions que sont le "moi" et le "mien", et orienter toutes mes pensées vers les pieds pareils-au-lotus de Krsna.

VERSET 39
Pour s'être trouvé pendant un moment en compagnie de bhaktas [les Visnudutas], Ajamila put se détacher résolument de la conception corporelle de l'existence. Ainsi libéré de toute attirance matérielle, il se mit aussitôt en route pour Hardwar.

VERSET 40
Là, à Hardwar, Ajamila se réfugia dans un temple de Visnu, où il se mit à pratiquer le bhakti-yoga. Il se rendit ainsi maître de ses sens et absorba pleinement son mental dans le service du Seigneur.

VERSET 41
Ajamila s'absorba tout entier dans le service de dévotion. Il détacha ainsi son mental des voies de la satisfaction des sens et finit par s'abîmer pleinement dans une méditation sur la Forme du Seigneur.

VERSET 42
Lorsque son intelligence et son mental furent fixés sur la Forme du Seigneur, le brahmana Ajamila vit une fois de plus apparaître devant lui quatre personnages célestes. Il comprit qu'il s'agissait de ceux-là mêmes qu'il avait déjà rencontrés, et il leur offrit son hommage en se prosternant devant eux.

VERSET 43
Lorsqu'il aperçut les Visnudutas, Ajamila abandonna son corps matériel à Hardwar, sur la rive du Gange. Il retrouva son corps spirituel, sa forme première, celle qui convient pour vivre en compagnie du Seigneur.

VERSET 44
Accompagné par les messagers de Sri Visnu, Ajamila monta à bord d'un aéronef en or. Traversant les nues, il se rendit directement au royaume de Visnu, l'époux de la déesse de la fortune.

VERSET 45
Ajamila était un brahmana qui, du fait de ses mauvaises fréquentations, avait renoncé à toute culture brahmanique et à tout principe religieux. Tombé on ne peut plus bas, il vola, but et commit toutes sortes d'autres actes innommables, allant même jusqu'à entretenir une prostituée. Il était donc destiné à être emmené en enfer par les serviteurs de Yamaraja; mais simplement pour avoir à peine commencé à chanter le Saint Nom Narayana, il fut immédiatement sauvé.

VERSET 46
En conséquence, quiconque désire être délivré des chaînes de la matière doit adopter la pratique du chant et de la glorification du Nom, de la Renommer, de la Forme et des Divertissements de Dieu, la Personne Suprême, aux pieds de qui se tiennent tous les lieux saints. Aucune autre méthode, qu'il s'agisse d'expiation pieuse, de conjectures intellectuelles ou de méditation Inspirée du yoga, n'apporte de bienfait véritable, car même après les avoir appliquées, on se livre de nouveau à l'action intéressée, étant incapable de rester maître de son mental souillé par les attributs primaires de la nature, à savoir la passion et l'ignorance.

VERSET 47-48
Comme ce récit historique confidentiel a le pouvoir de réduire à néant les suites d'innombrables fautes, celui qui l'écoute ou qui le rapporte avec foi et dévotion n'est plus condamné à une vie infernale, même s'il a un corps matériel et s'il a commis de nombreux péchés. Les Yamadutas, agissant sur les ordres de Yamaraja, ne s'approcheront pas de lui et ne le regarderont même pas. Après avoir quitté son corps, il retournera à Dieu, dans sa demeure originelle, où il sera reçu avec grand respect et vénéré par tous.

VERSET 49
Alors qu'il agonisait dans la souffrance, Ajamila prononça le Saint Nom du Seigneur, et bien que son appel s'adressât à son fils, il n'en retourna pas moins à Dieu, en sa demeure originelle. Comment, dès lors, pourrait-on douter que celui qui chante le Saint Nom du Seigneur avec foi et sans commettre d'offense retournera à Dieu?

Copié de Shrimad Bhagavatam chant 6 chapitre 2

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samedi 26 juin 2021

Vous savez combien d'enfants deviennent purs et combien deviennent des pécheurs comme Ajamil. Tant deviennent sales et impurs. Le Père doit venir laver les vêtements sales et impurs. C'est l'âme qui devient sale. Les âmes, il vous a été expliqué : Maya vous a rendues tellement sales ! Pas seulement pendant une vie, mais vie après vie. Je vous donne maintenant le savon Lux (le but) pour laver l'âme. Souvenez-vous de Moi et, grâce à ce yoga, votre âme qui s'est éteinte se rallumera à nouveau. Cela dépend de votre capacité à vous souvenir de Moi, votre Père.