L’histoire du roi Harishcandra dans le Râmâyana bengali

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Le prince Harishcandra monte sur le trône d’Ayodhyâ (vers 1 à 13)

Le fils de roi Hârîta se nommait Haribîja et régna sur la cité d’Ayodhyâ. Le roi Haribîja jouit d’un règne long et prospère et la renommée de son fils Harishcandra était connue de tous. Le roi remit tout le royaume à son fils et s’immergea dans les eaux du Gange. Après la mort de son père, Harishcandra devint roi. Il soignait les sujets du royaume comme ses propres enfants. Harishcandra épousa la fille du roi Somadatta qui avait pour nom Shaivyâ et était extrêmement bien éduquée. Se voir accorder une épouse si belle l’emplit de joie. Il eut un fils appelé Ruhidâsa. Le souverain Harishcandra régnait alors dans l’allégresse...

De malédictions en malédictions (vers 14 à 58)

Écoutez maintenant ceci à propos d’Indra : un jour, alors que le roi des dieux présidait à sa cour, cinq filles dans leur première jeunesse dansaient pour lui. Leur danse, au fil des pas, se fit si frénétique que soudain elles brisèrent le rythme. Le dieu Purandara remarqua la chose et, furieux, lança sa malédiction sur les cinq jeunes filles : « Votre cœur déborde de l’orgueil de la jeunesse, vous serez prisonnières dans l’ermitage de Vishvâmitra. » Se jetant à ses pieds les filles se répandirent en pleurs : « Dis-nous, quand ta malédiction prendra-t-elle fin ? » Indra répondit : « Vous resterez prisonnières dans l’ermitage et vous ne serez délivrées qu’au contact du roi Harishcandra. » Les belles sans cesse cueillaient des fleurs ; en effet, personne ne leur défendait de prendre des fleurs en cassant des branches... Vishvâmitra s’étant rendu à l’ermitage accompagné de ses disciples, vit de ses propres yeux les branches brisées. « Quand ceux qui ont ainsi cassé ces branches viendront, ils seront aussitôt enserrés par des lianes ! » Voilà donc en quels termes le grand sage les maudit. Les filles vinrent le matin suivant pour cueillir des fleurs. Au moment même où elles tirèrent sur les branches, des lianes aussitôt s’enroulèrent autour de leurs mains. Ce matin- là, Vishvâmitra se rendit à l’ermitage, aperçut les filles et, le cœur plein de rage, leur fit toutes sortes de reproches. Puis il retourna à ses affaires. C’est alors que Harishcandra, ce trésor de gloire, arriva en ces lieux pour chasser. Très déçu de ne pas trouver de gibier et épuisé d’avoir parcouru tant d’endroits, il s’assit abattu au pied d’un arbre. Les jeunes filles appelaient à grands cris Harishcandra. Entendant leurs pleurs, le roi se rendit dans l’ermitage ; à son simple contact toutes les cinq furent libérées. Harishcandra fut très étonné de ce prodige et retourna dans son royaume avec son armée. Le fils de Gâdhi arriva le matin suivant et fut profondément contrarié de ne pas voir les jeunes filles : « Qui a libéré celles que j’avais faites prisonnières ? Un désastre a frappé sa misérable vie. » Le fils de Gâdhi médita et parvint à savoir que Harishcandra était celui qui avait libéré les jeunes filles. Le sage, furieux, s’en alla prestement et se rendit auprès du roi.

Le roi juste détrôné par le sage avide de pouvoir (vers 60 à 123)

Le souverain vit le sage, l’accueillit respectueusement en l’invitant à s’asseoir à ses côtés. « Que ce monde est généreux et ma vie fructueuse ! Le fils de Gâdhi est venu en ma demeure » déclara le roi. Ce trésor d’ascèse, tel un brasier ardant, demanda alors : « Pourquoi as-tu libéré ces filles que je gardais prisonnières ?» Le roi répondit : « Ces filles ont fait appel à moi, je ne saurais te mentir seigneur, c’est moi qui les ai libérées. Par mes dons pieux, seigneurs, je satisfais les brahmanes ; pourquoi es-tu ainsi furieux à mon égard sans raison ? » A ces paroles, le fils de Gâdhi rétorqua : « En affirmant que tes dons sont méritoires, tu fais preuve d’orgueil. Nous allons voir quel don tu es prêt à faire : Roi, fais-moi donc un petit don ! » « La vie de mon foyer est fructueuse, dit le roi, le seigneur fils de Gâdhi va, comme il se doit, recevoir un don de ma part. Ce que tu veux, je te le donnerai, il n’en sera pas autrement, je t’honorerai par toutes sortes de dons, maître ! » Le sage déclara : « Ô roi ! avant de faire ce don, promets-moi de respecter ta parole ! » Le roi promit alors : « Je n’agirai pas autrement que selon ma promesse, et si je ne respectais ma parole, je n’obtiendrais pas le salut ! » En faisant ce serment, le seigneur ne voyait pas que l’on se jouait de lui, telle une antilope prise dans un piège qu’elle n’aurait pas vu. Le sage s’exclama : « Que tous les Dieux regardent, le roi va honorer sa parole ! Si tu as décidé de me donner quelque chose, alors, ô roi ! fais moi don de la Terre ! » Le roi fit le don en bonne et due forme ; il lui remit en main propre trois tolâ de terre. Harishcandra fit respectueusement le don de terre (bhûdâna), et le fils de Gâdhi le reçut en disant : « Sois béni ! Sois béni !» Le sage ajouta : « Maintenant que j’ai reçu ce don, apporte-moi de l’or en guise de dakshinâ. » « Ne te mets pas en colère pour la dakshinâ, répondit le roi, je te donnerai en rétribution sept koti d’or. » Nul besoin de tarder davantage, dit le muni, remets-moi ces sept koti d’or ! » Le roi ordonna au trésorier : « Apporte- moi cet or sur le champ ! » Le fils de Gâdhi le reprit d’un ton sévère : « Mais quel droit as-tu sur le trésor ? Tu m’as fait don de la Terre entière, à qui appartient ce trésor que le trésorier va te donner ? » A ces mots, le roi consterné soupira : « J’ai causé ma propre perte... » Le sage déclara : « Roi, tu t’es noyé dans l’orgueil, quitte cette terre et exile- toi ! » Courtisans et amis, tous le supplièrent en joignant les mains afin qu’il laisse au moins un petit morceau d’étoffe au roi Harishcandra. Vishvâmitra le très avisé ne le lui accorda même pas la quantité de terre que peut soulever une tête d’épingle. Les courtisans et amis demandèrent au sage : « Écoute fils de Gâdhi , où Harishcandra pourra-t-il s’établir s’il n’a aucun asile ? » Le grand sage divin (rishi), courroucé par ces paroles, annonça : « Aux limites de la terre se trouve Vârânasî, sa femme Shaivyâ, son fils Ruhidâsa et lui-même iront s’installer à Kâshî. » Après avoir écouté les paroles de Vishvâmitra, le trésor de la dynastie solaire s’apprêta à partir pour Kâshî avec son épouse et son fils. « Roi, dit le sage, écoute mes paroles ! Donne-moi les sept koti d’or ! » Le roi répondit : « Seigneur, ne te fâche pas ! Dans sept jours je te donnerai sept koti d’or. »

L’exil à Bénarès de Harishcandra et sa famille (vers 124 à 143)

Après que le roi eut cheminé sept jours durant, le sage leur barra le chemin et tint ce discours : « Écoute mes paroles Harishcandra, trésor d’ascèse ! Donne-moi d’abord les sept koti d’or ! » Le roi demanda à Shaivyâ comment il pourrait s’acquitter de l’or exigé par le brâhmane ? Shaivya répondit : « Maître, je te prie d’accepter ma proposition ; vends-moi sur le marché ! » Le roi s’en fut avec sa femme sur le marché. « Achetez une esclave ! » criait-il à haute voix. Il y avait là un brâhmane, saint homme érudit, qui avait besoin d’une esclave. Le brâhmane s’adressa à lui : « Ô joyaux parmi les hommes ! Combien d’or prendras-tu pour cette esclave ? » Le roi répondit : « Je ne connais ni le mensonge, ni la fraude et le prix de cette esclave est de quatre koti d’or. » A ces mots, le brâhmane accepta et acheta Shaivyâ pour quatre koti d’or. Le deux-fois-né prit le chemin de sa maison avec l’esclave, mais Ruhidâsa pleurait en tenant le vêtement de sa mère. L’enfant se traînait accroché au vêtement. « Lâche ! Lâche ! » lui disait le brâhmane en le menaça de son bâton. Shaivyâ dit alors : « Maître, je t’en supplie, prends mon fils, gratuitement. » « Où vais-je trouver du riz pour vous deux ? » demanda le brâhmane exaspéré. Shaivyâ répondit : « La nourriture que tu me donneras servira à nourrir l’enfant. » Le brâhmane s’exclama furieux : « Tu n’auras qu’une mesure de riz par jour ! » Après avoir acheté l’esclave, le brâhmane s’en alla chez lui.

Harishcandra contraint de se réduire en esclavage pour rembourser sa dette (vers 144 à 205)

Le roi emporta l’or auprès du sage. Voyant le peu d’or, l’ascète dit : « Réfléchis un peu, ô roi Harishcandra ! je prendrai sept koti et non pas sept fois rien ! N’offense pas Vishvâmitra, toi qui es bien avisé. » A ces mots, le roi se sentit désemparé. Il partit pour le marché se tenant la tête dans les mains. Le marché se trouvait près de Vârânasî. Il lia les brins d’herbe et entra dans le marché. Il demandait à grand cris : « Qui veut acheter un esclave ? » Il y avait dans cette ville un membre de la caste des Hâris nommé Kâlu. « J’ai en effet besoin d’un esclave, dit-il, il m’en faut un pour garder les cochons. » A ces paroles le roi répondit : « Ce que tu m’ordonneras, je l’accomplirai. » Kâlu dit alors : « Ecoute, ô joyau parmi les hommes ! Combien d’or prendras-tu pour ta personne ? » « Je ne connais pas la pratique du mensonge, mon prix est de trois koti d’or. » A ces mots, Kâlu, sans perdre un instant, donna les trois koti d’or et acheta l’esclave. Les sept koti d’or furent remis au meilleur des sages. Muni de ce trésor, celui-ci retourna à Ayodhyâ. « Écoute, ô joyau parmi les hommes ! dit Kâlu, dis-moi quel est ton nom, de qui es-tu le fils ? » Le roi lui répondit en rusant : « Mes parents m’ont donné le nom de Harishcandra. Certains m’appellent Harishcandra, certains Hari et d’autres Hare. Kâlu retourna chez lui accompagné de l’esclave et renomma Harishcandra Haridâsa. « Maître, je t’en prie, dit Haridâsa, ne me donne jamais les restes du repas. » Kâlu dit alors : « Écoute mes paroles ! Tu garderas les porcs de la ville de Vârânasî. On brûle les cadavres sur les berges de la ville, tu obtiendras cinquante kâhana pour chacun d’entre eux. » L’ayant informé de ces responsabilités et de ses tâches, le hâri rentra chez lui. Le roi appela les porcs pour les rassembler. Harishcandra, le protecteur de la terre, leur dit : « Écoutez-moi bien, troupeau de cochons, j’ai fait des dons et autres actes vertueux par cette main droite. Comment pourrais-je nettoyer vos excréments ? Promettez-moi une chose, vous les porcs ! Désormais, vous ferez vos besoins en vous-mêmes. » Tous les porcs respectèrent la parole du roi et déféquèrent en eux-mêmes. Le roi noua ses cheveux en chignon sur le dessus de sa tête et se mit à courir sans cesse sur les berges de Vârânasî. Le roi avait perdu tous ses signes royaux et s’habillait comme un batelier.

La malédiction de Ruhidâsa (vers 206-252)

Shaivyâ était alors toujours dans la demeure du brâhmane. Celui-ci lui donnait un sera de riz. Ruhidâsa mangeait un poyâ trois fois par jour, il ne restait alors qu’un poyâ pour Shaivyâ chez le brâhmane. Le brâhmane lui dit : « Écoute ce que je vais te dire, Ton fils a mangé ta part. J’enverrai ton fils chercher des fleurs dans la forêt pour les rites que j’accomplirai à partir de demain. Que ton fils aille chercher ces fleurs et j’augmenterai un peu la ration de riz. » « Ce que tu viens d’ordonner, mon fils l’accomplira » répondit Shaivyâ. Tout orné d’or, une serpe d’or à la main, il se rendit d’un pas rapide à l’ermitage de Vishvâmitra. Ruhidâsa cassait des branches et cueillait des fleurs à sa guise, quand un jour le sage vint à passer dans cette forêt. La vue des branches brisées le mit en colère : « Qui est venu commettre ce méfait ? » Vishvâmitra médita et parvint à déceler la cause de tout cela. « Le fils de Harishcandra est venu chercher des fleurs. Sa mère est chez un brâhmane, son père chez un hâri, quand il viendra demain, un serpent le mordra au cœur ! » Après que le trésor d’ascèse eut lancé cette malédiction sous l’effet de la colère, pendant la nuit, Shaivyâ vit tout cela en rêve. Le matin, lorsque les rayons du soleil firent leur apparition, le fils de roi s’en alla cueillir des fleurs. Au moment où le prince partit pour l’ermitage forestier, Shaivyâ lui attrapa la main et lui dit : « Ne vas pas cueillir des fleurs dans la forêt ! Je sais qu’un serpent va te mordre inéluctablement ! » Ruhidâsa répondit : « Si je n’y vais pas, alors ce brâhmane grincheux ne te donnera pas de riz. Les bons fils prennent soin de leurs parents, or c’est moi qui survis en mangeant ta nourriture. » L’enfant ne prit pas en compte les paroles de sa mère et s’en alla cueillir des fleurs. Ruhidâsa entra dans l’ermitage et choisit différentes sortes de fleurs selon ses désirs. Il ramassa toutes sortes de jasmins et des iris, des pârijâta, des shephalikâ, des campaka et des kâñcanas. Il prit aussi des ashoka, des kinshuka, des hibiscus, des atasî et des keshara, des roses, des âkanda, des bakula et des tagara. Quand finalement il avança sa serpe pour cueillir des fruits, un serpent qui était dans une branche vint le mordre au cœur. Le filet du venin recouvrit le corps de l’enfant qui tomba sur le sol, l’écume aux lèvres.

Les funérailles de Ruhidâsa (vers 253 à 320)

Dans le ciel, la matinée touchait à son terme, mais le fils du roi n’était toujours pas de retour à la maison. Remarquant ce retard, le brâhmane dit : « Il n’est pas encore là, quand donc pourrai-je faire mes offrandes aux dieux ? » Shaivyâ dit alors : « Maître, je t’en prie, Laisse moi aller chercher l’enfant ! » Shaivyâ partit à la recherche de son enfant et se rendit dans l’ermitage du sage. Elle chercha partout pour trouver son fils et le vit étendu derrière un arbre. En le voyant Shaivyâ s’effondra à terre, comme un bananier déraciné aux branches brisées. Elle le prit dans ses bras en pleurant. « Où est parti mon fils, dit-elle en gémissant, où est mon petit Ruhita ? Où es-tu parti Harishcandra, trésor de gloire ? Viens donc voir, ton fils est mort ! Nârâyana nous a donné le fruit de notre conduite (dharma), je perdrai la vie en me jetant dans le feu ! » Shaivyâ s’en alla en pleurs, son fils dans les bras. Le brâhmane croyait qu’elle s’était enfuie. L’enfant dans les bras, poussant de profonds soupirs, en larmes elle s’adressa au brâhmane : « Je te prie d’écouter tout ce que j’ai à te dire, ô brâhmane ! Comment sauver mon fils ? Comment resterais-je en vie ? » Le brâhmane prononça alors ces paroles pleines de sagesse : « L’enfant a perdu la vie suite à la morsure d’un serpent, pourquoi pleures-tu le cadavre dans les bras ? La mort entraîne inéluctablement la naissance et la naissance la mort. Emporte ce cadavre dans la cité de Vârânasî et brûle son corps après avoir construit un bûcher. » Shaivyâ emporta le cadavre, pleine de désespoir, et le brâhmane rentra chez lui. Elle s’installait à Vârânasî avec son fils mort, quand Haridâsa arriva, un gourdin à la main. Haridâsa dit : « Je vais brûler le mort, le prix pour chaque cadavre est de cinquante kârshâpana.» Puis il ajouta : « Ce que je te dis là est vrai, je te dis la vérité, il n’en est pas autrement... Va brûler le cadavre sur le ghât d’un autre, le Créateur m’a réduit à la condition de hâri. » « Maître, ces paroles m’emplissent d’effroi, dit Shaivyâ, le Créateur a fait de moi l’esclave d’un brâhmane. S’il te plait, batelier de ce ghât, accepte et permets-moi de déchirer la moitié de ce vêtement pour te la donner. » Entendant ces paroles prononcées par Shaivyâ, le roi s’avança, le gourdin à la main. Shaivyâ s’effondra avec son fils, désespérée, en pleurant à grand cris : « Harishcandra ! Seigneur Harishcandra, tu es parti je ne sais où, viens donc voir ton fils mort ! » Shaivyâ était là, pleurant : « Harishcandra ! » Alors le roi se rappela le passé. « Ô reine, ne pleure pas ! dit Harishcandra, reconnais-moi, je suis Harishcandra ! » « Hari ! Hari ! Cela était écrit dans notre destinée, dit Shaivyâ, un pauvre batelier se moque de moi aujourd’hui ! Moi qui jadis étais la reine d’Ayodhyâ ! Maintenant, le batelier du ghât s’amuse à mes dépens ! » Haridâsa lui dit : « Ô bien aimée ! Je te le dis, tu as tout oublié, tu ne te souviens de rien. Tu es la princesse Shaivyâ, fille de Somadatta, ô ma chère ! C’est moi qui t’ai épousé. Tu as eu un fils appelé Ruhidâsa, c’est Vishvâmitra, ce trésor d’ascèse, qui a prit mon royaume ! » A ces paroles, la reine se mit à l’observer, elle le reconnut à la marque sur son front. Le roi prit l’enfant dans ses bras et pleura : « Où es-tu parti, mon petit Ruhita ? C’est pour accomplir ce dharma que Nârâyana nous a affligés de ce malheur ! Je quitterai aujourd’hui la vie dans les flammes ! »

Les justes récompensés par les dieux (vers 321 à 348)

Il alluma un bûcher de bois de santal, au milieu duquel il mit son fils. Ses deux parents s’installèrent à ses côtés. Au moment où il allait enflammer le bûcher, Dharmarâja en personne s’adressa à eux. « Pourquoi perdre la vie dans ce brasier ? Je redonnerai la vie à ton fils. » Il caressa le corps de l’enfant de ses mains de lotus, le feu du venin s’en alla et l’enfant ouvrit les yeux et regarda. A ce moment là, Kâlu arriva et dit au roi : « Tu ne me dois plus d’or. » Le brâhmane vint aussi et dit au roi : « L’or que tu me devais, tu ne me le dois plus » Le roi répondit : « Maître, je t’en prie, Pour quelle raison prendrais-je le bien d’un brâhmane ? » Le roi prit alors les bracelets d’or que la reine avait aux poignets et les donna de manière à rembourser sa dette. « J’ai gâché toutes mes ascèses et mes actes de dévotion, j’ai usurpé le pouvoir durant cette existence. » Le sage apparut là où se trouvait le glorieux Harishcandra. « Écoute Harishcandra, maître de la terre, dit-il, retourne vite en ton royaume ! » Le roi dit : « Maître, je t’en prie, trésor d’ascèse, dis-moi comment s’est passé ton règne ? » « Ce n’est pas la peine, dit le sage. Roi, retourne sans tarder en ton royaume ! » Le roi s’en alla avec sa femme et son fils. Le sage avait l’esprit joyeux et le visage souriant. Le souverain arriva à Ayodhyâ et fit le sacrifice royal (râjasûya).

Un dernier contretemps pour Harishcandra (vers 349 à 386)

Il confia la charge du royaume à son fils, puis s’en alla pour l’autre monde. Les chiens, les chats et tous les autres animaux, tous entrèrent dans le monde Vaikuntha. Le dieu Gadâdhara, que cela avait rendu furieux, fit appeler Nârada, le meilleur des sages. « Le roi Harishcandra est en train de souiller le paradis ! » A ces mots le sage s’en alla prestement. L’ascète qui faisait résonner sa vînâ vit le roi arrivant dans son char au paradis. Le roi le salua et dit : « Je me rends au paradis. » Le sage répondit : « Quel acte vertueux te vaudrait l’entrée en ce lieu ? » L’intelligence du roi alors se changea en sottise et il se mit dresser la liste de tous ses mérites : « J’ai fait creuser des bassins, des puits et des étangs en divers endroits, j’ai construit des barrages et planté de nombreuses rangés d’arbres, l’ascète Vishvâmitra, ce trésor d’ascèse, a pris mon royaume, je lui ai versé son or en vendant ma propre personne ! » Le char descendait au fur et à mesure que le roi énumérait ses mérites. Attristé de voir son char descendre, désespéré, il ne dit plus ni bien ni mal. Au paradis, tous les dieux se concertèrent pour savoir de quoi se nourrirait la troupe du roi. Les céréales que l’on utiliserait pas après la récolte seraient données à la troupe de Harishcandra. Ainsi le surplus des céréales récoltées dans les champs sera servi à l’armée de Harishcandra. Après avoir enlevé leurs habits neufs avec soin, l’armée du roi mit des vêtements qu’on leur donna. Tous les dieux établirent cette règle et Harishcandra resta à mi-chemin entre ciel et terre. Il ne pouvait ni se rendre au paradis, ni redescendre sur terre. Le roi Harishcandra resta à mi-chemin. Le pandit Krittivâs, très habile poète, a chanté dans l’Âdikânda l’histoire de Harishcandra.

Copié de Synergies Inde n° 2 - Le prince devenu esclave

Points mentionnant l'article

jeudi 14 mars 2019

Les pauvres appartiennent immédiatement au Père. Ils disent: Baba, je T’appartiens. Tout ce que j’ai T’appartient. Le Père dit: Restez des gérants. Comprenez avec votre intellect que ce n’est pas à vous, cela appartient au Père. Pour cela, il faut des enfants très bons et sensés. Quand vous cuisinez chez vous, c’est comme si vous mangiez du yagya de Shiv Baba parce que vous appartenez au yagya. Tout ce que vous avez appartient au yagya. Par conséquent, en vivant chez vous comme des gérants, c’est comme si vous mangiez de la réserve des trésors de Shiv Baba. Cependant, vous avez besoin d’une foi totale. Si votre foi fluctue, il y a l’exemple du roi Harishchandra. Vous devez tout dire à Baba. Je suis le Seigneur des pauvres.

samedi 28 octobre 2017

Baba dit: Faites un don et les mauvais augures partiront. Si vous faites le don des vices et que vous les reprenez ensuite, vous ne pourrez pas obtenir un statut élevé. Cela fait référence aux vices; il ne s’agit pas d’argent. On donne l’exemple d'Harishchandra. Après avoir donné de l’argent, vous ne devez pas le reprendre. En fait, cela fait référence aux vices. Après avoir fait le don des vices, vous ne devez pas les reprendre.