Le Bois-du-Miel dans le Ramayana

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Ils arrivèrent près d’un bois couvert d’arbres et de lianes, semblable au Nandana et nommé le Bois-du-Miel. Cette forêt, bien disposée, appartenait à Sougrîva ; elle ravissait l’âme de toutes les créatures, mais elle était infranchissable à tous les êtres. Le singe Dadhimoukha aux longs bras, oncle du magnanime Sougrîva, le monarque des simiens, veillait continuellement sur le bois.

Nos voyageurs abordent ce parc du souverain des quadrumanes, lieu fortuné, délicieux, aimé du cœur, et sont transportés de joie à sa vue. Puis, enchantés à l’aspect de ce grand Bois-du-Miel, les singes, Djâmbavat à leur tête, de prier Hanoûmat, qui s’approche d’Angada et lui parle en ces termes : « Daigne nous accorder une faveur, à nous, qui avons réussi dans notre mission. »

Le jeune prince loua d’une voix gracieuse Hanoûmat et lui répondit ces mots avec amitié : « Que désires-tu ? parle ! »

À ces paroles, le fils du Vent, accompagné de ses proches, Hanoûmat reprit avec joie : « Fils du roi des simiens, daigne accorder en don aux chefs des singes le Bois-du-Miel, qui fut jadis à ton père ; cette forêt inexpugnable, bien gardée, sans pareille, dont l’accès nous est défendu. »

À peine eut-il entendu ce langage d’Hanoûmat : « Eh bien ! lui répondit Angada, le plus éminent des simiens, que les singes boivent le miel ! Après qu’Hanoûmat a si bien rempli sa mission, l’on ne peut se dispenser de satisfaire à sa demande, fût-elle même impossible : à plus forte raison, quand la chose est telle qu’est celle-ci. » À ces paroles tombées de la bouche d’Angada, les singes joyeux de s’écrier : « Bien ! bien ! » et d’honorer cet auguste prince.

Les singes envahirent les arbres pleins des sucs du miel ; ils remuèrent mainte et mainte fois toute la forêt ; ils prenaient dans leurs bras des rayons tels, qu’un drona les eût à peine contenus, les jetaient joyeux par terre, et mangeaient et buvaient. Le plaisir de manger ces miels savoureux et bien parfumés les mit tous dans la joie et tous ils en devinrent comme fous d’ivresse.

De ces quadrumanes à face ridée, les uns maltraitaient après boire les préposés à la garde des rayons, ceux-là se frappaient dans l’ivresse les uns les autres avec un reste de miel. Ici, des singes se roulent aux pieds des arbres ; là, gorgés de mets, ils se font un lit de feuilles et dorment accablés d’ivresse. On voit des chefs de troupeaux quadrumanes arracher les arbres et casser la forêt : on en voit qui, le corps tout basané par le miel, boivent dans les rayons d’une soif insatiable. Les uns chantent, les autres déclament, en voici qui dansent, en voilà qui rient ; ceux-ci boivent, ceux-là causent ; tels dorment et tels racontent. Les uns se laissent tomber ivres de la cime des arbres ; les autres, d’un rapide essor, s’élancent du sol de la terre et s’envolent de nouveau sur le sommet des branches. Tel en riant lutte avec un rival, tel fond en volant sur un autre, qui dort ; tel s’élance à l’improviste devant tel autre qui s’avance ; celui-ci vient en pleurant vers celui-là qui pleure. Il n’y avait pas un simien qui ne fût ivre ; il n’y en avait pas un qui ne fût rassasié.

Les singes empêchés ne tinrent pas compte alors de tous ceux que Dadhimoukha avait mis là par son ordre pour défendre le miel. On les tira par les bras, on leur fit voir les chemins du ciel ; et, frappés, ils s’enfuirent épouvantés à tous les points de l’espace. Ils arrivent tremblants vers Dadhimoukha et lui disent : « Singe, Hanoûmat, Angada et les autres ont détruit le Bois-du-miel. Que ta grandeur veuille donc faire immédiatement ce qui doit l’être dans la circonstance ! On nous a tirés par les genoux ; on nous a fait voir la route des airs. »

Aussitôt que le chef des surveillants, Dadhimoukha eut appris, enflammé de colère, que l’on avait saccagé le Bois-du-Miel, il se mit à ranimer le courage de ces quadrumanes : « Allez donc ! marchons, leur dit-il ; empêchons à toute force les singes d’un orgueil excessif, qui mangent ce miel exquis. »

À ces mots, les héros, chefs des singes, retournent au Bois-du-Miel, où Dadhimoukha les accompagne. Il prend au milieu d’eux un arbre énorme et court avec furie, escorté par les plus grands des singes. Ceux-ci alors s’arment de pierres, d’arbres et même de lianes ; ils se précipitent, bouillants de colère, où sont les nobles singes, compagnons d’Hanoûmat.

Les vaillants singes, Hanoûmat à leur tête, voyant s’avancer Dadhimoukha furieux, de fondre sur lui dans une égale colère.

Irrité, le vigoureux Angada saisit par les deux bras ce héros impétueux qui accourait avec son arbre ; mais, tout aveuglé qu’il fût par l’ivresse, il en eut pitié : « C’est un vieillard vénérable ! » et, ce disant, il se contenta de lui frotter les membres sur le sol de la terre.

S’étant un peu débarrassé des singes, le noble quadrumane se rapprocha tout à fait des serviteurs, qui étaient accourus avec lui, et leur dit : « Singes, venez avec moi ! allons où est notre maître, Sougrîva au long cou, avec le sage Râma. Car ces insensés, qui foulent aux pieds les ordres mêmes du souverain, ont mérité la mort ; et Sougrîva, irrité de leurs violences, ôtera la vie à tous. » Quand Dadhimoukha, le garde vigoureux du bois, eut parlé de cette manière, il partit à la tête de tous les singes qui formaient son bataillon. Dans l’intervalle que mesure un clin d’œil, ce coureur des bois atteignit ces lieux où Sougrîva se tenait assis avec Râma et Lakshmana. Le singe Dadhimoukha, le chef aux longs bras des préposés à la surveillance du bois, descendit alors, environné de tous ses gardes forestiers. Là, d’un visage consterné, joignant les mains en coupe à ses tempes, il pressa du front les pieds fortunés de Sougrîva.

Ensuite le monarque des simiens, ayant vu ce noble singe, le cœur dans le trouble et le front humilié, lui tint ce langage : « Relève-toi ! relève-toi ! pourquoi te vois-je prosterné à mes pieds ? Tu n’as rien à craindre ; je t’en donne l’assurance.

« Dis-moi ce que tu veux au fond de ta pensée. La paix règne-t-elle dans le Bois-du-Miel ? Singe, je désire le savoir. »

Ainsi encouragé par le magnanime Sougrîva, le sage Dadhimoukha se lève et lui répond en ces termes : « Les singes ont détruit ce bois, que n’avaient pu surmonter jusqu’ici le monarque des ours, ni toi, bien-aimé neveu, ni Bâli même. Environné de tous ses compagnons, Hanoûmat à leur tête, le singe Angada, à la vue des rayons, nous a chassés tous et les a mangés. »

Quand le singe eut informé Sougrîva de ces nouvelles, l’immolateur des héros ennemis, Lakshmana à la grande sagesse fit cette demande au monarque des simiens : « Sire, quelle affaire amène ce singe qui garde ton bois ? Il vient de t’annoncer quelque chose d’un air affligé : quelle parole est-ce qu’il a dite ? »

À cette question, le monarque habile dans l’art de parler, Sougrîva de répondre en ces termes au magnanime Lakshmana : « Mon Bois-du-Miel fut saccagé par les chefs valeureux des bataillons quadrumanes, qui sont allés, sous la conduite d’Angada, scruter la plage méridionale.

« Si Angada est entré sans aucun égard avec tous les singes, Hanoûmat à leur tête, dans mon Bois-du-Miel, c’est qu’il a vu la reine, je pense, ô fils, qui ajoute sans cesse à la joie de Soumitrâ, ta mère. C’est là, sans doute, ce qui a rendu les singes si osés d’envahir ma forêt et d’y boire le miel. »

Ensuite, quand il eut ouï cette délicieuse parole, tombée des lèvres de Sougrîva, le vertueux Lakshmana s’en réjouit avec le plus grand des Raghouides. Sougrîva joyeux lui-même tint ce langage à Dadhimoukha : « Je suis content ; n’aie pas d’inquiétude ! Le singe a bien rempli sa mission : je dois pardonner cette faute d’un serviteur, qui a réussi dans son expédition. Retourne vite au Bois-du-Miel, continue à le garder comme il convient, et hâte-toi de m’envoyer tous les singes, Hanoûmat à leur tête. »

Le fortuné s’en alla rapide, comme il était venu ; il abaissa du haut des airs son vol sur la terre et pénétra dans la forêt. Entré dans le Bois-du-Miel, il vit les chefs des bataillons singes désenivrés, debout et tremblants tous de crainte maintenant que l’ivresse était dissipée.

Le héros s’approcha d’eux, tenant ses mains réunies en coupe à ses tempes, et, d’un air joyeux, il dit ces paroles caressantes au noble Angada : « Gentil singe, l’obstacle que ces gens ont mis à ta marche ne doit pas allumer ta colère : il n’est personne qui ne pèche à son insu ou sciemment.

« Je suis allé, noble singe, vers ton oncle et je lui ai dit, mon seigneur, l’arrivée de vous tous dans ces lieux. À la nouvelle que tu étais venu ici avec ces chefs de bataillons quadrumanes, à la nouvelle même que son bois fut envahi, c’est de la joie qu’il en ressentit, et non de la colère. « Hâte-toi de me les envoyer tous ! » m’a dit Sougrîva, ton oncle, ce puissant roi des simiens. Allez donc à votre désir ! »

À ce langage affectueux que lui tient Dadhimoukha, le fils de Bâli adresse à tous les principaux des singes ces réjouissantes paroles : « Le roi, je m’en doutais, nobles singes, vient d’apprendre cet événement : c’est une joie franche qui fait parler ce quadrumane, et c’est la cause qui en porte ici la nouvelle à notre connaissance. Vous avez bu tous à souhait du miel jusqu’à l’ivresse : aussi convient-il maintenant de nous rendre aux lieux où le singe Sougrîva nous attend. Vos excellences doivent agir de telle manière, illustres chefs, qu’elles soient ma règle ; car je ne suis qu’un serviteur au milieu de vos excellences. Suis-je vraiment le prince héréditaire ? En ce cas, j’aurais le pouvoir de commander : mais il vous convient de me suivre, puisque vous avez terminé votre expédition. »

À peine ont-ils ouï Angada émettre une aussi noble parole, tous les singes à la grande vigueur de s’écrier, l’âme ravie de joie : « Qui parlera jamais de cette manière, s’il tient le sceptre, ô le plus éminent des singes ? En effet, aveuglé par l’ivresse de la puissance : « Je suis tout ! » Voilà quelle est toujours la pensée d’un roi. »

« Bien ! fit Angada ; je pars ! » et, cela dit, le singe prit son essor au milieu des airs. Tous les principaux des singes mirent leur vol à la suite de son vol, et, comme une nuée de pierres lancée par des machines, ils dérobaient aux yeux l’atmosphère.

Copié du Râmâyana (trad. Fauche)/Tome 2

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dimanche 26 juillet 2020

A présent, c’est le tour du groupe de l’Afrique. En fait, tous sont les résidents de Madhuban en ce moment. Votre adresse permanente est Madhuban, n’est-ce pas? Ces endroits ne sont que vos lieux de service. Le lieu de service est votre bureau mais votre maison est Madhuban. Vous êtes allés en Afrique, au Royaume Uni, etc. dans toutes les directions pour le bien du service. Même si vous avez changé de religion et de pays, vous n’y êtes allés que pour le service. De quelle maison vous souvenez-vous? De Madhuban ou de la région suprême? Tout en servant dans vos lieux de service, vous vous souvenez toujours seulement de Madhuban et du murli, n’est-ce pas? Vous êtes allés en Afrique pour le bien du service, n’est-ce pas?