Sri Nrsimhadeva tue le roi des asuras.
Durée de lecture estimée : 15 mn
RÉSUMÉ DU CHAPITRE
Ainsi que l'expliquera ce chapitre, Hiranyakasipu était prêt à tuer son propre fils, Prahlada Maharaja, mais le Seigneur Souverain apparut devant l'asura en tant que Sri Nrkesari, sous une forme mi-homme mi-lion, et le fit périr.
Suivant les instructions de Prahlada Maharaja, tous les fils des asuras s'attachèrent à Visnu, Dieu, la Personne Suprême. Lorsque cet attachement devint très marqué, leurs précepteurs, Sanda et Amarka, eurent grand peur que les enfants ne se consacrent de plus en plus au Seigneur. Désespérés, ils se rendirent auprès d'Hiranyakasipu et lui décrivirent en détail les effets de la prédication de Prahlada. Après avoir entendu leur récit, Hiranyakasipu résolut d'en finir avec son fils. Il était tellement en colère que Prahlada Maharaja se jeta à ses pieds et tenta de l'apaiser par ses paroles, mais en vain. Hiranyakasipu, en vrai asura qu'il était, se mit à se proclamer supérieur à Dieu, la Personne Suprême, mais Prahlada Maharaja s'éleva contre ses paroles, lui disant qu'il n'était pas Dieu; ensuite, Prahlada se mit à glorifier le Seigneur Suprême, déclarant que Dieu est omniprésent, que tout Lui est subordonné, et que personne ne Lui est supérieur ni même égal. Il pria ainsi son père de se soumettre au Seigneur tout-puissant.
Plus Prahlada Maharaja glorifiait Dieu, plus la colère et l'agitation de l'asura s'intensifiaient. Hiranyakasipu demanda alors à son fils vaisnava si Dieu était présent dans les colonnes du palais, et Prahlada Maharaja lui répondit aussitôt par l'affirmative, sachant très bien que le Seigneur, étant omniprésent, Se trouvait également à l'intérieur des colonnes. Lorsque Hiranyakasipu entendit cette philosophie de la bouche de son jeune fils, il se moqua de ses assertions comme venant d'un simple enfant et il frappa violemment l'une des colonnes avec son poing.
Un bruit assourdissant se produisit à l'instant où Hiranyakasipu frappa la colonne. Tout d'abord le roi des asuras ne put rien voir d'autre que le pilier, mais pour étayer les affirmations de Prahlada, le Seigneur en sortit ensuite sous Sa Forme merveilleuse de Narasimha, mi-homme mi-lion. Hiranyakasipu comprit aussitôt que cette Forme extraordinaire du Seigneur était sûrement destinée à le faire périr, si bien qu'il se prépara à Le combattre. Le Seigneur Se livra à Son Divertissement en luttant contre l'asura pendant quelque temps, puis, le soir venu, à la limite du jour et de la nuit, Il Se saisit de l'asura, le jeta sur Ses genoux, et le tua en lui déchirant le ventre de Ses griffes. Non seulement le Seigneur fit périr Hiranyakasipu, le roi des asuras, mais Il anéantit également une grande partie de ses acolytes. Lorsqu'il n'y eut plus personne à combattre, le Seigneur, rugissant encore de colère, S'assit sur le trône d'Hiranyakasipu.
L'univers entier se trouvait ainsi affranchi de la domination d'Hiranyakasipu; et tous se laissaient aller à un bonheur transcendantal. A ce moment, tous les devas, conduits par Brahma, s'approchèrent du Seigneur. Il y avait parmi eux les grands saints, les Pitas, les Siddhas, les Vidyadharas, les Nagas, les Manus, les Prajapatis, les Gandharvas, les Caranas, les Yaksas, les Kimpurusas, les Vaitalikas, les Kinnaras et bien d'autres espèces d'être à forme humaine. Tous se tinrent à peu de distance du Seigneur Souverain et se mirent à Lui adresser des prières, à Lui qui resplendissait d'un éclat spirituel tandis qu'Il siégeait sur le trône.
VERSET 1
Narada Muni poursuivit: Tous les fils des asuras apprécièrent les enseignements spirituels de Prahlada Maharaja et les prirent très à coeur, au point de rejeter les connaissances matérialistes transmises par leurs précepteurs, Sanda et Amarka.
VERSET 2
Lorsque Sanda et Amarka, les fils de Sukracarya, se rendirent compte que tous leurs élèves, les fils des asuras, progressaient dans la conscience de Krsna au contact de Prahlada Maharaja, ils prirent peur. Ils allèrent trouver le roi des asuras et lui expliquèrent la situation telle qu'elle se présentait.
VERSET 3-4
Lorsque Hiranyakasipu comprit tout ce qui se passait, il en conçut un extrême courroux, tant et si bien qu'il fut agité de tremblements. Il décida alors de tuer son fils Prahlada. Hiranyakasipu était par nature très cruel et, se sentant insulté, il se mit à siffler comme un serpent qu'un homme écrase de son pied. Son fils Prahlada était paisible, doux, obéissant, maître de sens et il se tenait devant lui les mains jointes. Etant donné son jeune âge et son comportement, il ne devait pas être châtié. Cependant, le fixant de ses yeux perfides, Hiranyakasipu le rejeta durement en prononçant les paroles qui vont suivre.
VERSET 5
Hiranyakasipu dit: Impudent que tu es, stupide destructeur de la famille, toi le plus vil de tous les êtres humains, tu as porté atteinte à ma domination sur toi, et ainsi fait preuve d'obstination dans ta bêtise. Je vais aujourd'hui même t'expédier dans le royaume de Yamaraja.
VERSET 6
Mon fils Prahlada, scélérat! Tu sais que lorsque je me mets en colère, toutes les planètes des trois mondes se mettent à trembler, de même que leurs dirigeants. Par quel pouvoir un vaurien comme toi est-il devenu assez impudent pour se montrer exempt de toute crainte devant moi et pour porter atteinte à ma domination sur lui?
VERSET 7
Prahlada Maharaja dit: O roi, puisque tu m'interroges sur l'origine de ma force, sache que c'est de la même source que tu tires la tienne. De fait, la source originelle de toute forme de puissance est unique. Celui qui est ta force et la mienne est également la seule et unique force de tous les êtres. Sans Lui, nul ne peut avoir la moindre force. Chacun de nous, qu'il soit mobile ou immobile, supérieur ou inférieur, y compris Brahma en personne, est dirigé par la puissance de Dieu, la Personne Souveraine.
VERSET 8
Dieu, la Personne Souveraine, qui est le maître suprême et le facteur temps, représente la puissance des sens, celle du mental et du corps, et la force vitale des sens. Son influence ne connaît aucune limite. C'est Lui le meilleur de tous les êtres vivants, le maître des trois attributs de la nature matérielle. Par Sa puissance propre, Il crée cette manifestation cosmique, la maintient et l'anéantit également.
VERSET 9
[Prahlada Maharaja poursuivit:] Mon cher père, renonce, je t'en prie, à ta mentalité démoniaque. Ne fais aucune discrimination en ton coeur entre amis et ennemis; fais en sorte que ton esprit soit égal envers tous. A l'exception du mental égaré et non maîtrisé, il n'est point d'ennemi en ce monde. Lorsqu'on voit tous les êtres sur un même plan, on parvient au niveau où il est possible d'adorer le Seigneur parfaitement.
VERSET 10
Dans le passé, il y eut de nombreux insensés comme toi qui ne parvinrent pas à vaincre les six ennemis qui dérobent toutes les richesses du corps. Ces gens pensaient fièrement: "J'ai vaincu tous mes ennemis dans les dix directions." Mais celui qui a vaincu les six ennemis et qui fait preuve d'équanimité envers tous les êtres vivants, n'a pas d'ennemis. Ceux-ci ne sont qu'un produit de l'imagination sous l'influence de l'ignorance.
VERSET 11
Hiranyakasipu répondit: Espèce de vaurien! Tu cherches à me rabaisser, comme si tu savais mieux que moi dominer tes sens. C'est trop d'intelligence! Je vois que tu désires périr par mes mains, car seuls les hommes sur le point de mourir tiennent des propos aussi insensés.
VERSET 12
O pauvre Prahlada, tu as toujours parlé d'un être suprême autre que moi, un être suprême qui serait au-dessus de toutes choses, qui gouvernerait tous les êtres et qui serait omniprésent. Mais où est'Il? S'Il est partout, pourquoi n'est-Il pas dans cette colonne qui se dresse devant moi?
VERSET 13
Puisque tu profères toutes sortes d'inepties, je vais te trancher la tête. Voyons maintenant si ton Dieu tant adoré va venir te protéger! Je voudrais bien voir cela!
VERSET 14
Aveuglé par la colère, Hiranyakasipu, qui possédait une très grande force physique, réprimanda son fils Prahlada, le noble bhakta, par ces paroles mauvaises. Le maudissant de façon répétée, Hiranyakasipu se saisit de son glaive, se leva de son trône royal, et, animé d'une grande colère, frappa la colonne de son poing.
VERSET 15
Alors, de l'intérieur de la colonne s'échappa un bruit terrifiant, qui sembla faire craquer l'écorce de l'univers. O Yudhisthira, ce son atteignit même les demeures des devas comme Brahma, et lorsque ceux-ci l'entendirent, ils pensèrent: "Hélas! Nos planètes vont maintenant être détruites."
VERSET 16
Tandis qu'il exhibait ainsi son extraordinaire puissance, Hiranyakasipu, qui désirait tuer son propre fils, entendit ce bruit assourdissant, formidable, comme jamais personne n'en avait entendu auparavant. Les autres chefs des asuras furent emplis de crainte. Aucun d'entre eux ne comprenait d'où provenait ce bruit au sein de leur assemblée.
VERSET 17
Pour confirmer les dires de Son serviteur Prahlada Maharaja -en d'autres termes, pour prouver que le Seigneur Suprême est partout présent, même à l'intérieur de la colonne d'une salle d'assemblée-, la Personne Souveraine, Hari, Se manifesta sous une forme merveilleuse, jamais vue auparavant. Cette forme n'était ni celle d'un homme ni celle d'un lion. Le Seigneur apparut donc sous cette forme extraordinaire dans la salle d'assemblée du palais.
VERSET 18
Tandis qu'Hiranyakasipu regardait partout pour découvrir la source de ce grondement, cette Forme merveilleuse du Seigneur, qui ne pouvait être identifiée comme étant celle d'un homme ou d'un lion, sortit de la colonne. Sidéré, Hiranyakasipu se demanda: "Quelle est cette créature qui tient à la fois de l'homme et du lion?"
VERSET 19-22
Hiranyakasipu examina la Forme du Seigneur, essayant de déterminer qui était cet être qui se dressait devant lui. La Forme du Seigneur inspirait une frayeur intense à cause de Ses yeux enflammés par la colère et semblables à de l'or en fusion, de Sa crinière éclatante qui agrandissait Son visage terrifiant de Ses dents meurtrières et de Sa langue tranchante comme un rasoir, qui se balançait comme une épée lors d'un duel. Ses oreilles se dressaient droites et immobiles, et Ses narines, de même que Sa bouche béante, ressemblaient à des cavernes de montagne. Ses mâchoires s'écartaient de manière redoutable, et Son corps tout entier se déployait jusqu'au ciel. Il avait un cou très court et épais, une large poitrine, la taille fine, et les poils de Son corps étaient aussi blancs que les rayons de la lune. Ses bras, semblables à des rangs de soldats, s'étendaient dans toutes les directions tandis qu'Il tuait les asuras, les brigands et les athées à l'aide de Sa conque, de Son disque, de Sa masse, de Sa fleur de lotus et d'autres armes naturelles.
VERSET 23
Hiranyakasipu se dit en lui-même: "Visnu, qui possède de grands pouvoirs surnaturels, a conçu ce plan pour me tuer, mais à quoi bon une telle tentative? Qui peut se battre contre moi?" Pensant de la sorte et s'emparant de sa masse, Hiranyakasipu attaqua le Seigneur à la façon d'un éléphant.
VERSET 24
De même qu'un insecte insignifiant qui tombe dans le feu devient invisible, Hiranyakasipu disparut absorbé dans la splendeur éclatante du Seigneur, auquel il s'attaquait. Cela n'a rien d'étonnant, car le Seigneur existe à jamais dans la pure vertu. Jadis, au moment de la création, Il pénétra dans l'univers obscur et l'éclaira de Sa splendeur spirituelle.
VERSET 25
Hiranyakasipu, animé d'une extrême colère, attaqua promptement Nrsimhadeva avec sa masse, dont il se mit à Le frapper. Toutefois, Sri Nrsimhadeva attrapa le grand asura et sa masse, à la manière dont Garuda aurait pu attraper un grand serpent.
VERSET 26
O Yudhisthira, illustre fils de Bharata, lorsque Sri Nrsimhadeva donna à Hiranyakasipu une chance de s'échapper de Ses mains, tout comme Garuda joue parfois avec un serpent et le laisse glisser de sa bouche, les devas, qui avaient perdu leurs royaumes et qui se cachaient derrière les nuages par crainte de l'asura, ne virent pas la chose d'un très bon oeil. En fait, ils en furent contrariés.
VERSET 27
Lorsque Hiranyakasipu échappa des mains de Nrsimhadeva, il crut bien à tort que le Seigneur redoutait sa vaillance. Aussi, après s'être reposé un instant du combat, il reprit son glaive et son bouclier pour attaquer de nouveau le Seigueur avec une force redoublée.
VERSET 28
Eclatant d'un rire strident et retentissant, le Seigneur Souverain, Narayana, qui jouit d'une force et d'une puissance extrêmes, S'empara d'Hiranyakasipu, qui se protégeait avec son glaive et son bouclier, ne laissant aucun point à découvert. Avec la vitesse d'un vautour, Hiranyakasipu se déplaçait tantôt dans les airs, tantôt au sol, les yeux fermés par crainte du rire de Nrsimhadeva.
VERSET 29
De même qu'un serpent attrape une souris, ou de même que Garuda s'empare d'un serpent très venimeux, Sri Nrsimhadeva S'empara d'Hiranyakasipu, que ne pouvait pas même pourfendre la foudre du roi Indra. Tandis qu'Hiranyakasipu agitait ses membres en tous sens, tout affligé de s'être fait prendre, le Seigneur le plaça sur Ses genoux et, sur le pas de la porte de la salle d'assemblée, de Ses griffes Il déchiqueta sans aucun mal l'asura.
VERSET 30
La bouche et la crinière de Nrsimhadeva étaient tachées de gouttes de sang, et il était impossible de regarder Ses yeux tant ils étaient redoutables et pleins de colère. Léchant le pourtour de Sa bouche avec Sa langue, Le Seigneur Souverain, Nrsimhadeva, paré d'une guirlande d'intestins arrachés du ventre d'Hiranyakasipu, ressemblait à un lion qui vient de tuer un éléphant.
VERSET 31
Le Seigneur Suprême, qui possédait d'innombrables bras, arracha tout d'abord le coeur d'Hiranyakasipu avant de rejeter le cadavre de l'asura. Ensuite, Il Se tourna vers les soldats du souverain démoniaque. Ceux-ci étaient venus par milliers pour Le combattre, en brandissant leurs armes; tous étaient de fidèles partisans d'Hiranyakasipu, mais Nrsimhadeva les tua tous du bout de Ses griffes.
VERSET 32
La chevelure de Nrsimhadeva secoua les nuages et les éparpilla en tous sens: Ses yeux éclatants éclipsèrent le rayonnement des luminaires au firmament, et Son souffle agita les mers et les océans. En entendant Son rugissement, tous les éléphants du monde se mirent à barrir de peur.
VERSET 33
Les aéronefs étaient projetés dans l'espace intersidéral, vers le système planétaire supérieur, sous l'effet des mouvements de la chevelure de Nrsimhadeva. A cause de la pression qu'exerçaient Ses pieds pareils-au-lotus, la Terre sembla glisser de sa position, et tous les monts et les collines s'élevèrent sous l'effet de Sa force irrésistible. Du fait de l'éclat émanant du Corps du Seigneur, la splendeur naturelle du ciel et de toutes les directions se trouva amoindrie.
VERSET 34
Dans toute Sa splendeur rayonnante et avec une expression redoutable, Sri Nrsimhadeva, plein de colère et ne trouvant aucun adversaire pour s'opposer à Sa puissance et à Sa grandeur, S'assit alors dans cette salle d'assemblée sur le magnifique trône du roi. Par peur et par soumission, personne n'osait s'approcher de Lui pour Le servir directement.
VERSET 35
Hiranyakasipu avait été comme une véritable fièvre méningée pour les trois mondes. Par suite, lorsque les épouses des devas sur les planètes édéniques virent que l'illustre asura avait péri aux mains de Dieu en personne, une grande joie fit s'épanouir leurs visages. C'est de façon répétée que, du ciel elles firent tomber en pluie des pétales de fleurs sur Nrsimhadeva.
VERSET 36
Alors le ciel s'emplit des nacelles volantes des devas, qui désiraient contempler les Activités de Narayana, le Seigneur Suprême. Ils firent résonner tambours et timbales, et en les entendant, les beautés angéliques du ciel se mirent à danser, tandis que les chefs des Gandharvas entonnaient de doux chants.
VERSET 37-39
O roi Yudhisthira, les devas s'approchèrent alors du Seigneur. Ils étaient conduits par Brahma, Indra et Siva, et parmi eux se trouvaient de grands saints et les habitants de Pitrloka, Siddhaloka, Vidyadhara-loka et ceux de la planète des serpents. Les Manus s'avancèrent eux aussi, et de même les chefs des diverses autres planètes. Les danseurs angéliques s'approchèrent à leur tour, ainsi que les Gandharvas, les Caranas, les Yaksas, les habitants de Kinnaraloka, les Vetalas, les habitants de Kimpurusa-loka et les serviteurs personnels de Visnu, comme Sunanda et Kumuda. Tous s'approchèrent du seigneur, qui rayonnait d'une intense lumière. Ils Lui offrirent individuellement hommages et prières, les mains jointes devant leur tête.
VERSET 40
Brahma adressa la prière suivante: O Seigneur, Tu es infini et Tu possèdes des pouvoirs illimités. Personne ne peut apprécier ou mesurer Tes prouesses ni Ton influence merveilleuse, car Tes Actes ne sont jamais souillés par l'énergie matérielle. Par l'interméditaire des attributs de la nature, Tu crées très facilement l'univers, Tu le maintiens, puis Tu l'anéantis à nouveau, et pourtant Tu restes le même, sans subir aucune altération. Je T'offre donc mon hommage respectueux.
VERSET 41
Siva dit: La fin du millénium marque le moment où Tu manifestes Ta colère. Maintenant que cet asura insignifiant, Hiranyakasipu, a été tué, je T'en prie, ô Seigneur, Toi qui affectionnes tout naturellement Ton dévot, protèges son fils, Prahlada Maharaja, qui se tient tout près, pleinement abandonné à Ta personne.
VERSET 42
Le roi Indra dit: O Seigneur Suprême, Tu es notre libérateur et notre protecteur. Tu as récupéré des mains de l'asura nos parts de sacrifices, qui en vérité Te reviennent. Le roi des asuras, Hiranyakasipu, se montrait si redoutable que nos coeurs, où Tu demeures à jamais, étaient tous subjugués par lui. Maintenant, grâce à Ta présence, la tristesse et l'obscurité qui régnaient dans nos coeurs se sont dissipées. O Seigneur, pour ceux qui s'absorbent sans cesse dans Ton service, lequel a plus grande valeur que la libération, toutes les richesses de ce monde sont insignifiantes. Ils ne se soucient même pas de la libération, et encore moins des bienfaits liés au kama, à l'artha et au dharma.
VERSET 43
Tous les saints personnages qui étaient présents offrirent à leur tour des prières: O Seigneur, soutien suprême de ceux qui ont trouvé refuge à Tes pieds pareils-au-lotus, ô Personne Suprême originelle, la voie de l'austérité et de la pénitence, à laquelle Tu nous as déjà initiés, représente Ton pouvoir spirituel propre. C'est par l'austérité que Tu crées l'univers matériel, présent en Toi à l'état latent. Or, toute austérité avait presque été arrêtée à cause des activités de cet asura, mais en apparaissant sous les traits de Nrsimhadeva, cette Forme destinée à notre protection, et en faisant périr cet asura, Tu as de nouveau sanctionné cette voie de l'ascèse.
VERSET 44
Les habitants de Pitrloka adressèrent au Seigneur les prières qui suivent: Offrons notre hommage respectueux à Sri Nrsimhadeva, Lui qui maintient les principes religieux universels. Il a tué Hiranyakasipu, l'asura qui s'appropriait par la force toutes les offrandes des cérémonies de sraddha célébrées par nos fils et petits-fils les jours de l'anniversaire de notre mort, et qui buvait également l'eau additionnée de graines de sésame offerte dans les saints lieux de pèlerinage. En tuant cet asura, ô Seigneur, Tu as repris tous ces biens volés en les arrachant de son ventre avec Tes griffes. Voilà pourquoi nous désirons T'offrir notre respectueux hommage.
VERSET 45
Les habitants de Siddhaloka adressèrent au Seigneur cette prière: O Nrsimhadeva, venant de Siddhaloka nous possédons tout naturellement les huit pouvoirs surnaturels que confère la pratique du yoga. Pourtant, Hiranyakasipu était si malhonnête que, par la force de son pouvoir régnant et de ses austérités, il nous avait retiré nos propres pouvoirs. C'est ainsi qu'il s'enorgueillit de sa puissance surnaturelle. Maintenant que ce brigand a été tué par Tes griffes, nous tenons à Te présenter notre respectueux hommage.
VERSET 46
Les habitants de Vidyadhara-loka adressèrent au Seigneur la prière qui suit: Le pouvoir que nous avions acquis -d'apparaître et de disparaître à volonté suivant différents types de méditation- nous avait été retiré par Hiranyakasipu car cet insensé était trop orgueilleux de sa force physique supérieure et de son aptitude à vaincre autrui. Mais voilà maintenant que le Seigneur Souverain l'a tué comme un simple animal. A cette Forme suprême de Nrsimhadeva, manifestée pour ce Divertissement, nous offrons éternellenent notre hommage respectueux.
VERSET 47
Les habitants de Nagaloka prièrent ainsi: Cet infâme pécheur d'Hiranyakasipu nous avait enlevé tous les joyaux que nous portions sur nos capuchons ainsi que toutes nos ravissantes épouses. Maintenant que sa poitrine a été déchirée par Tes griffes, Tu es source de satisfaction infinie pour nos épouses. Par suite, tous ensemble, nous Te présentons notre respectueux hommage.
VERSET 48
Tous les Manus adressèrent leurs prières comme suit: O Seigneur, nous, les Manus, Tes agents, sommes les législateurs de l'humanité; mais à cause de la suprématie temporaire d'Hiranyakasipu, nos lois destinées au maintien du varnasrama-dharma avaient été abrogées. Maintenant que Tu as tué ce grand asura, ô Seigneur, nous retrouvons notre condition normale. Veuille nous instruire, nous Tes serviteurs éternels, quant à ce que nous devons maintenant faire.
VERSET 49
Les Prajapatis offrirent leurs prières comme suit: O Seigneur Suprême, Seigneur même de Brahma et de Siva, nous, les Prajapatis, avons été créés par Toi pour exécuter Tes ordres, mais Hiranyakasipu nous avait interdit d'engendrer encore de bons descendants. Cet asura gît maintenant mort devant nous, la poitrine transpercée par Toi. Nous Te présentons donc notre hommage respectueux, à Toi dont la manifestation sous cette Forme de pure vertu est destinée au bien de l'univers entier.
VERSET 50
Les habitants de Gandharvaloka dirent: O Seigneur, nous Te servons sans cesse en dansant et en chantant au cours de spectacles, mais cet Hiranyakasipu, par l'influence de sa force physique et de sa puissance, nous avait tous mis sous son joug. Ta Grâce l'a maintenant réduit à l'impuissance. Quels bienfaits peuvent donc résulter des actes d'un parvenu comme cet Hiranyakasipu?
VERSET 51
Les habitants de la planète Carana dirent: O Seigneur, maintenant que Tu as anéanti l'asura Hiranyakasipu -cet épieu dans le coeur de tous les honnêtes hommes-, nous sommes soulagés et nous recherchons le refuge éternel de Tes pieds pareils-au-lotus, qui libèrent l'âme conditionnée de la souillure matérialiste.
VERSET 52
Les habitants de Yaksaloka prièrent en ces termes: O maître des vingt-quatre éléments, nous sommes considérés comme les meilleurs serviteurs de Ta Grâce pour les services très agréables que nous Te rendons, et pourtant, sur l'ordre d'Hiranyakasipu, le fils de Diti, nous avons dû porter son palanquin. O Seigneur, Toi qui T'es manifesté en tant que Nrsimhadeva, Tu sais à quel point cet asura a harcelé tous les êtres vivants, et Tu l'as maintenant anéanti de telle sorte que son corps se mêle aux cinq éléments matériels.
VERSET 53
Les habitants de Kimpurusa-loka dirent: Nous sommes des êtres insignifiants, et Toi, Tu es Dieu, la Personne Souveraine, le maître suprême. Comment, dès lors, pouvons-nous T'offrir des prières appropriées? Lorsque cet asura fut condamné par Tes dévots, qui étaient révoltés par son attitude, alors Tu es venu le tuer.
VERSET 54
Les habitants de Vaitalika-loka dirent: O Seigneur, parce que nous chantons Tes gloires immaculées dans de grandes assemblées et dans les arènes sacrificielles, nous avions l'habitude de recevoir de grandes marques de respect de la part de tous. Cependant, cet asura a usurpé notre position. Et maintenant, pour notre plus grand bonheur, Tu as mis à mort ce grand démon, tout comme on se débarrasse d'une maladie chronique.
VERSET 55
Les Kinnaras dirent: O maître suprême, nous sommes à jamais les serviteurs de Ta Grâce, mais plutôt que de Te servir, nous avons été contraints de servir cet asura de façon continue et sans rémunération. Maintenant, Tu as fait périr ce mécréant. Aussi, ô Nrsimhadeva, nous Te présentons notre hommage respectueux, à Toi notre maître. Veuille continuer à être notre protecteur.
VERSET 56
Les compagnons de Visnu à Vaikuntha Lui adressèrent cette prière: O Seigneur, Toi notre refuge suprême, nous avons aujourd'hui pu contempler Ta merveilleuse Forme de Nrsimhadeva, destinée à répandre la bonne fortune sur l'ensemble de l'univers. O Seigneur, nous pouvons comprendre que cet Hiranyakasipu n'était autre que Jaya, celui-là même qui, alors qu'il Te servait, fut maudit par les brahmanas, et dut ensuite revêtir un corps d'asura. Nous comprenons également qu'en mettant ainsi un terme à son existence, Tu as fait preuve d'une miséricorde toute particulière envers lui.
Copié de SRIMAD-BHAGAVATAM CHANT 7 CHAPITRE 8