L'histoire d'Ékalavya
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Ékalavya, le grand monarque, fils de Hiranvadhanoush, roi des Nishâdas, se rendit lui-même chez Drona.
Mais celui-ci, qui n’ignorait pas le devoir : « C’est un prince des Nishâdas ! » pensa-t-il; et, par la considération des autres, il ne voulut pas le recevoir pour élève en la science de l’arc.
Le formidable prince toucha de sa tête les pieds de l’anachorète; et, s’exilant au fond des bois, il se fit une idole de terre à l’image de Drona.
Là, il observa exactement à l’égard de cette figure la conduite du disciple envers son directeur, et, s'enchaînant à la pénitence, il se plongea dans une profonde abstraction sur l'arc et les flèches.
Doué de la plus grande foi et grâce aux méditations les plus élevées, il parvint à une adresse supérieure dans l’art d’encocher, de tenir et de lancer une flèche.
Un jour les Pàndouides, rejetons de Kourou, à qui Drona en avait donné le congé, sortirent tous tes cinq de la ville sur leurs chars, ô toi, qui broies les ennemis, et s’en furent à la chasse.
Chargé de leurs provisions, un seul homme, accompagné d’un chien, suivait à son gré les Pàndouides.
Tandis qu’ils erraient où et là, conduits par l'envie de faire telle ou telle chose, le chien, rôdant sans être vu dans ces bois, rencontra le prince des Nishâdas.
A la vue de cet homme, portant les cheveux rattachés en gerbe, vêtu avec une peau d’antilope noire, et le corps tâché de noires souillures, le chien s’arrêta devant lui et se mit à aboyer.
Alors , montrant son adresse à l’arc , ce pénitent de lancer d’un seul coup sept flèches dans la gueule du chien aboyant.
L’animal revint, sa gueule pleine de flèches vers les Pàndouides ; et ces héros, à son aspect, furent saisis de la plus haute admiration.
A la vue de cette promptitude à percer dans l’instant même du cri, eux de vanter sans réserve ce coup d’adresse et chacun d’être honteux de soi-même.
Les Pàndouides se mirent donc à chercher dans le bois cet habitant de la forêt, et le virent occupé, sire, à décocher des flèches sans aucun relâche.
Ils ne reconnurent pas le prince dans son aspect misérable, et, l'interrogeant à la ronde : «Qui es-tu, seigneur? lui dirent-ils; et de qui es-tu le fils? »
Ékalavya répondit :
« Sachez, héros, que je suis le fils de Hiranyadhanoush, que je suis le roi des Nishâdas, le disciple de Drona, et que je me fatigue à étudier le Dhanour-Véda.
Après que les Pândouides en furent venus à le connaître d'une manière indubitable , ils reprirent le chemin de la ville et racontèrent circonstanciellement à Drona toute cette merveilleuse aventure.
Mais Arjouna, le fils de Kountî, ne perdait pas le souvenir d'Ekalavya; il vint trouver seul en secret son maître et lui dit sur un ton affectueux :
« Un jour ta révérence, m’ayant embrassé, m’a tenu ce langage, que précédait un mot d'amitié : « Un de mes disciples ne sera jamais supérieur à toi. »
» Pourquoi y a-t-il un potentat dans ce monde même, qui est supérieur à moi ? Ta révérence a un autre disciple: le fils du roi des Nishâdas ! »
Drona de songer un instant, reprit Valçampàyana, et d'arrêter sa résolution ; puis, accompagné de l'Ambidextre, il s'en alla vers le prince des Nishâdas.
Il vit, portant le djâta, son corps souillé de taches, et revêtu d’une peau, Ékalavya, qui, son arc à la main, décochait continuellement des flèches.
Celui-ci, à la vue de Drona, qui vient à lui, s’avance à sa rencontre ; il prend ses pieds et touche du front la terre.
Quand il eut honoré Drona suivant l’étiquette, le Nishàdaiu lui annonce qu’il est un de ses disciples et se tient devant lui, ses deux mains réunies aux tempes.
Ensuite Drona, sire, dit ces mots à Ékalavya : « Si tu es mon disciple, héros, paye-m’en les honoraires ! »
A ces mots, Ékalavya répondit, plein de joie : « Révérend, que te donnerai-je ? Veuille bien mon maître me donner ses ordres ! Il n’est rien à moi, que j’excepte du présent, qui est dû à mon gourou, ô le plus savant des hommes versés dans les Védas. »
« Donne-moi ton pouce, reprit l’anachorète, en récompense de mes leçons ! » Et, à ces effroyables paroles du brahme, Ékalavya,
Conservant sa promesse dans la vérité, ne sortant pas un instant de la soumission, le visage gai et l’âme non abattue,
Se trancha le pouce résolument et le donna au terrible Drona. Désormais le prince Nishâdain tira ses flèches avec les seuls doigts de sa main mutilée ; mais il ne fut plus, monarque des hommes , aussi prompt qu’avant.
L’âme joyeuse alors, Phalgouna vit ses inquiétudes se dissiper ; et la parole de l’anachorète, qui avait dit : « Nul autre ne surpassera jamais Arjouna, » resta une parole de vérité.
Copié de Le Maha-Bharata - Volume 1
Point mentionnant l'article
Certains sont très habiles, tandis que d'autres sont faibles pour décocher la flèche. Il existe l'exemple de Bhil (le natif) et d'Arjuna. Arjuna vivait avec son gourou. Arjuna n'était pas seul. Ceux qui appartiennent au Père et qui vivent avec Lui sont Arjuna. Il y a une course entre ceux qui vivent avec le Père et ceux qui vivent à l'extérieur. Bhil vivait à l'extérieur et il est passé devant. On donne l'exemple d'un seul, mais cela fait référence à beaucoup. La flèche est cette connaissance.